Suisse: Assemblée de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse

Présentation des «objectifs et stratégies» de la FEPS

Montmirail, 19 juin 2001 (APIC) L’assemblée d’été de la FEPS a réuni quelque 60 représentants des 23 Eglises membres du 17 au 19 juin dans les locaux de la Communauté Don Camillo à Montmirail (Thielle-Wavre). Le président du Conseil, Thomas Wipf, a présenté le document «Objectifs et stratégies», qui propose une orientation stratégique pour les années à venir. Les participants ont également entendu l’archevêque anglican sud-africain W.H. Ndungane demandant justice à l’Europe au sujet du désendettement.

Le document «Objectifs et stratégies», qui a été élaboré par l’exécutif de la FEPS, est considéré comme un texte d’importance pour l’avenir de la Fédération. «C’est la première fois dans l’histoire de la FEPS que les délégués se voient présenter un document de base sur l’orientation stratégique» a souligné Thomas Wipf.

«Eglises membres», «Autres Eglises protestantes», «œcuménisme, judaïsme, dialogue interreligieux» et «Société et politique» sont les quatre domaines d’application de la nouvelle orientation stratégique.

Dans une FEPS organisée de manière fédérale, des activités doivent être menées ensemble et les synergies doivent être mieux exploitées, estime l’exécutif de la Fédération. Le document précise que «le Conseil initie et organise le dialogue sur des thèmes importants pour les Eglises membres», une tendance qui s’est d’ailleurs manifestée l’année dernière, avec la motion «œuvres d’entraide, missions et relations extérieures de la FEPS» et qui, selon le pasteur Wipf, trouve ici son ancrage dans les objectifs et stratégies.

Les délégués ont particulièrement approuvé la définition de points forts stratégiques. Ils ont également relevé avec satisfaction le fait que les relations avec le judaïsme étaient l’objet d’une reconnaissance spécifique. Le président de la Fédération suisse des Communautés israélites, Alfred Donath, qui était présent, a rendu attentif au fait qu’en Suisse aussi, on observait un courant antisémite.

Dans ses grandes lignes, le travail du Conseil a été favorablement reçu, mais les délégués ont clairement indiqué qu’ils souhaitaient reprendre la discussion sur les détails des objectifs stratégiques.

La justice à la place de la miséricorde

A l’occasion de cette assemblée, l’archevêque anglican sud-africain W.H. Ndungane a présenté l’envergure sociale du travail des Eglises en Afrique du Sud et la question du désendettement.

L’archevêque anglican, qui a succédé à Desmond Tutu, a exposé les difficiles problèmes qui sont ceux de l’Afrique du Sud. On connaît la pauvreté et le sida, mais il faut également savoir que la dette extérieure de 25 milliards de dollars, datant de l’époque de l’Apartheid, pèse sur l’Afrique du Sud et l’empêche de contribuer efficacement à la reconstruction économique.

Le destin de toute l’Afrique est lié à celui de l’Afrique du Sud et c’est au Cap que se trouvent les racines du racisme, estime W.H. Ndungane. Comme l’avait déjà fait le Jubilé 2000, l’archevêque anglican accorde une grande importance à la remise de la dette. La principale demande de la campagne internationale pour le désendettement s’intitulait «Don’t pay twice for Apartheid» (Ne payez pas deux fois pour l’Apartheid). Dans le cadre du Jubilé 2000, la Grande-Bretagne et la Suède ont remis des dettes, sans que cela nuise à leur économie, remarquait Ndungane.

Les banques suisses ont soutenu l’apartheid

L’Ambassadrice d’Afrique du Sud à Berne, Nozipho January-Bardill, qui était l’hôte de l’AD, a suivi l’exposé avec beaucoup d’intérêt. Dans les entretiens qu’elle a eues avec la FEPS, elle a souligné l’importance des Eglises en Afrique du Sud, qui ont un rôle moteur pour faire advenir la réconciliation et la cohésion sociale en Afrique du Sud.

Une meilleure reconnaissance du bénévolat

Parlant du bénévolat, en cette année internationale des volontaires, Anja Bremi-Forrer a fondé ses arguments sur des statistiques et notamment sur la pyramide des âges de la population suisse. Enseignante de formation, elle est membre du Conseil de la Croix-Rouge suisse.

Le cliché présentant les personnes âgées comme des malades ne tient plus, selon la copnférencière. L’espérance de vie et la qualité de vie des personnes âgées est en amélioration constante. Il en résulte un potentiel de bénévolat prometteur.

Mais il faut aussi rappeler aux jeunes leur responsabilité sociale. Pour cela, il faut que le bénévolat soit mieux reconnu socialement. «Il y a un transfert sournois de la responsabilité sociale de l’Etat sur les Eglises», remarquait Thomas Wipf lors du débat qui a suivi, et cela justement alors que les moyens des Eglises sont en constante diminution. L’assemblée des délégués a par ailleurs pris acte du rapport établi par le chancelier Markus Sahli en réponse au postulat «Reconnaissance sociale du travail bénévole par la possibilité d’une déduction fiscale ou par une prise en compte de l’AVS». (apic/com/feps/bb)

19 juin 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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