Formation de base et formation continue en débat
Suisse: Assemblée plénière de la Conférence centrale catholique romaine à Zurich
Zurich, 3 décembre 2004 (Apic) La Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ) a tenu son assemblée plénière les 26 et 27 novembre au siège de son secrétariat, à Zurich. Au centre des discussions: l’engagement des organisations ecclésiastiques cantonales dans le domaine de la formation de base et de la formation continue. Il a également été question d’argent, avec les différentes subventions accordées par la RKZ à diverses institutions.
Plusieurs experts du domaine de la formation ont été invités à participer à cette assemblée plénière, à savoir l’Abbé Martin Werlen (Einsiedeln), le Père Jean-Blaise Fellay (Villars-sur-Glâne), Thomas Englberger, de l’Institut de sociologie pastorale (Saint-Gall), et Res Marty, spécialiste du domaine de la formation (Altendorf). Ces quatre personnes dirigent ensemble le projet «ForModula» initié par la Conférence des évêques et financé par la Conférence centrale. Le but visé par ledit projet est la «modularisation» des offres de l’Eglise dans le domaine de la formation de base et de la formation continue au niveau non universitaire.
Sur la base d’expériences faites dans d’autres secteurs, Res Marty a démontré que la «modularisation» des filières de formation offre l’avantage d’une plus grande souplesse dans leur aménagement. Cela permet aussi d’élargir le cercle des personnes auxquelles ces offres s’adressent – en particulier aux femmes dont le parcours de formation présente souvent des interruptions – de maintenir, voire améliorer la qualité et, enfin, de réduire à terme les coûts après l’investissement de départ.
Les préoccupations fondamentales auxquelles doit répondre cette «modularisation» des offres de formation aux yeux de la Conférence des évêques, ont été rappelées par l’Abbé Martin Werlen, à savoir: la garantie, voire le renforcement de la qualité de la formation, la suppression de filières parallèles inutiles et l’amélioration des passerelles vers d’autres filières de formation, y compris celles des établissements étatiques. La réalisation de ces objectifs, a-t-on souligné, devrait permettre également de faire des économies sans sacrifices substantiels.
Energie considérable
En ce qui concerne les changements en cours au sein des institutions de formation de l’Eglise, Thomas Englberger et Jean-Blaise Fellay ont souligné que dans le monde de la formation caractérisé en Suisse par un esprit fédéraliste et une grande diversité, il convient de déployer une énergie considérable pour convaincre les établissements eux-mêmes, la direction de l’Eglise et les employeurs – cela à tous les niveaux – de la nécessité d’évoluer et de collaborer. Toutefois, ont-ils précisé, les réactions enregistrées à propos du projet incitent à la confiance dans la mesure où elles révèlent que la reconnaissance du besoin de changement et la disposition à plus de coopération sont largement répandues.
Au cours de la discussion, il a été souligné que la clarification du contenu des différentes professions existant dans l’Eglise et des conditions auxquelles doivent satisfaire ceux qui les exercent est certes nécessaire, mais ne doit pas conduire à trop de rigorisme dans la réglementation. «Sinon, on court le risque de reperdre ce que l’on a voulu gagner en souplesse et en attrait». Par ailleurs, a-t-on insisté, le projet ne saurait réussir sans associer les employeurs à la réflexion, cela suffisamment tôt et de manière systématique. «Les organisations ecclésiastiques cantonales sont en effet des partenaires importants de la direction de l’Eglise dans le domaine de la formation et bien plus que ’des organismes de financement’».
Un souhait a été exprimé: que l’on inclue dans le projet les offres de formation de base et de formation continue pour les prêtres ainsi que pour les théologiens et théologiennes. En ce qui concerne ces derniers, «une orientation des offres de formation qui soit axée plus fortement sur le développement de compétences dans les domaine social, personnel et organisationnel et moins unilatéralement sur le domaine des connaissances théoriques est jugée très importante. En outre, dans ce domaine également, il apparaît nécessaire de rassembler les forces et de coordonner les offres».
Sur la question de savoir si, dans l’Eglise, on ne parle pas trop aujourd’hui de professionnalisme et de métier et pas assez de vocation, l’Abbé Martin Werlen a estimé que des professions aux contours clairement définis sont une grande aide pour découvrir sa propre vocation.
Contrats de prestation
L’Action de Carême et la Conférence centrale financent huit institutions dans le domaine de la formation de base et de la formation continue. Il s’agit du Centre pédagogique des catholiques suisses (ABSK Lucerne), de l’Institut Romand de Formation aux Ministères (IFM Fribourg), du Centre catholique romand de formation permanente (CCRFP, Lausanne), du Religionspädagogisches Institut (RPI Lucerne), de la Seelsorge-Ausbildung Dritter Bildungsweg (DBW Lucerne), de l’Institut für kirchliche Weiterbildung (IFOK Lucerne), de la Vereinigung TKL / KGK (TKL Zurich) et de la Haute école de musique de Lucerne (MHS Lucerne).
Le principe de la conclusion de contrats de prestation portant sur plusieurs années avec chacune de ces institutions a été convenu, à l’instar de ce qui s’est fait avec les établissements actifs dans les domaines des médias et de l’animation de jeunesse. Parmi les objectifs importants visés au travers de cette démarche figurent la participation active au projet de «modularisation» et l’intensification de la collaboration au sein des régions linguistiques. Les subsides annuels destinés au secteur de la formation s’élèvent à environ 1,6 million de francs.
Un autre contrat de prestation a été conclu avec la chaire de droit canon et de droit ecclésiastique de la Faculté de théologie de l’Université de Lucerne. Cet accord est vu comme une confirmation de l’importance attachée au droit public ecclésiastique, ainsi qu’à la recherche et à un développement continu dans ce domaine spécifique du droit à la Faculté de théologie lucernoise. «Dans la mesure où cette chaire met en rapport d’une part le droit ecclésiastique et le droit canon et d’autre part la pastorale et le management de l’Eglise, l’enseignement, la recherche et le dialogue avec des représentants de la pratique qui y sont assurés contribuent à l’exploitation optimale pour l’épanouissement de la vie ecclésiale et des moyens financiers investis».
Subsides du cofinancement pour 2005
L’assemblée plénière s’est enfin penchée sur les demandes de subsides soumises à l’organisation de cofinancement pour 2005. Le crédit global arrêté pour l’année prochaine s’élève à 8,02 millions, montant auquel l’Action de Carême contribuera à hauteur de 2,75 millions et la Conférence centrale de 5,27 millions.
Une cinquantaine d’institutions seront ainsi soutenues financièrement. En tout quelque 4,8 millions seront versés dans le cadre de contrats de prestation conclus pour plusieurs années avec des institutions bénéficiaires. Ces conventions garantissent aux établissements concernés la possibilité de planifier avec plus de sûreté leurs activités et leur laisse une marge de manoeuvre accrue dans l’accomplissement de celles-ci. Par ailleurs, elles permettent de clarifier les objectifs poursuivis au travers des activités et d’assurer une meilleure orientation sur l’efficacité.
Au vu de ces constatations, force est d’admettre que les contrats de prestation contribuent pour une part considérable à la clarification des mandats et à la concentration des forces, et répondent ainsi à une préoccupation commune importante de la Conférence des évêques, de l’Action de Carême et de la Conférence centrale. (apic/com/pr)



