Du jamais vu en Suisse romande
Suisse: Aucune entrée dans les séminaires francophones en 2002
Fribourg, 29 septembre 2002 (APIC) Aucun candidat à la prêtrise n’a frappé à la porte des séminaires romands cette année. Le battage médiatique autour du célibat et de la pédophilie n’est pas étranger à ce fait unique dans les annales de ces trois diocèses romands, selon le Père Jean-Blaise Fellay, directeur spirituel au séminaire de Lausanne, Genève et Fribourg, à Villars- sur-Glâne.
Habituellement 5 à 10 candidats s’inscrivaient au parcours de discernement pour les diocèses de Sion, de Lausanne, Genève et Fribourg, et pour la partie francophone du diocèse de Bâle. Pour la rentrée 2002, le Père Fellay, qui est également directeur du Centre interdiocésain de formation théologique (CIFT), a constaté qu’aucun jeune et aucune «vocation tardive» n’a manifesté son intérêt pour entamer un chemin vers la prêtrise. Cela ne s’est jamais vu jusqu’à maintenant, souligne le quotidien fribourgeois «La Liberté» dans son édition du 28 septembre.
Dans une analyse confiée au journaliste Patrice Favre, le jésuite Jean-Blaise Fellay met en cause le battage effectué autour de la pédophilie dans le clergé et du célibat imposé aux prêtres. «On fait passer dans l’opinion l’équation: clergé = problèmes sexuels», déplore le religieux, relevant que «neuf fois sur dix, les abus sexuels ont lieu dans le cadre familial, pas au catéchisme». «Mais l’image du prêtre en souffre beaucoup».
La crise touche aussi les laïcs et les diacres
La crise, selon Jean-Blaise Fellay, touche également les assistants pastoraux laïcs, les mamans catéchistes et les diacres mariés, où «le manque de relève est évident». Et pourtant, relève le religieux, les jeunes de Suisse prient davantage et sont plus ouverts aux questions religieuses que dans les années 70. Mais pour eux, le saut en direction de la prêtrise est dur. «Nous avons ici des séminaristes qui viennent du monde professionnel: un avocat, un cadre de banque, un ingénieur. Une fois prêtres, ils tomberont à quelque 3’000 France par mois!», souligne le Père Fellay. «Il faut une motivation énorme pour s’y engager».
Le directeur spirituel du séminaire à Villars-sur-Glâne relève tout de même qu’en Suisse romande, une jeune communauté comme «Eucharistein», fondée par l’ancien ermite Nicolas Buttet, compte déjà deux étudiants en théologie à l’Université de Fribourg, alors que deux autres vont commencer les études. A Paris également, les deux tiers des séminaristes viennent désormais des Mouvements charismatiques. «La valorisation du sacerdoce, chez eux, est très forte», explique Jean-Blaise Fellay. (apic/lib/bb)



