Le soutien du public ne se dément pas

Suisse: bilan annuel de Caritas Suisse (170594)

Lausanne, 17mai(APIC) L’aide alimentaire en Afrique, la reconstruction au

Kurdistan irakien, le programme d’urgence en ex-Yougosalvie, les projets de

santé en Albanie ainsi que l’aide apportée en Suisse, en particulier aux

exclus et aux chômeurs en fin de droits, ont constitué l’essentiel des activités de Caritas Suisse en 1993. Une Caritas en voie d’achever une étude

destinée à développer une nouvelle stratégie pour les années à venir et

ainsi revoir ses concepts en matière de coopération, de développement, de

promotion sociale en Suisse et en Europe et d’aide aux réfugiés.

Au cours d’une conférence de presse donnée mardi à Lausanne, par son directeur Jürg Krummenacher, l’oeuvre d’entraide catholique a constaté que

son engagement bénéficie toujours du soutien public puisque le montant des

dons récoltés en 1993 a frisé les 22 millions de francs. Quant au chiffre

d’affaires global pour 1993, il s’est élevé à 125,5 millions de francs,

soit 13 millions de plus que l’année précédente. La moitié environ, à savoir 64,7 millions a été affecté au service «migrations» qui s’occupe d’héberger et d’encadrer les requérants d’asile et les réfugiés. Cette tâche

est essentiellement financée par le biais des subventions accordées par la

Confédération et les cantons.

En 1993 toujours, 27 millions ont été consacrés à la coopération au développement et 15,1 millions aux secours d’urgence. La promotion sociale en

Suisse, qui est avant tout réalisée par les caritas régionales, a absorbé 9

millions de francs. La part des frais administratifs pour l’ensemble de

l’organisation s’est élevée à 5% et les côuts structurels du travail à

l’étranger (administration, information et suivi des projets) ont atteint

un peu plus de 16%.

En tant qu’oeuvre d’entraide, Caritas Suisse soutient 457 projets dans

72 pays du monde. En Suisse, elle est active dans les domaines les plus

divers, tels que l’aide aux paysans de montagne ou aux chômeurs, la

collecte de vêtements usagés ou l’encadrement et l’hébergement de

requérants d’asile et de réfugiés.

Le constat de Caritas Suisse n’est pas rassurant. Il justifie à plus

forte raison son engagement. Selon Jürg Krummenacher, le fossé Nord-Sud

s’est encore accentué de même que l’écart séparant l’Ouest de l’Est. Pour

les pays en voie de développement, les années 80 ont été une «décennie perdue» et les années 90 ne s’annoncent pas meilleures. Les 20% les plus riches de la population mondiale disposent d’un revenu 150 fois plus élevé

que celui des 20% les plus pauvres. Les trois-quarts de l’humanité doivent

se contenter d’un cinquième des richesses produites sur notre planète et

les 42 pays les plus pauvres de 0,4%. Le nombre des plus démunis qui perçoivent un revenu annuel inférieur à 380 dollars par personne dépasse le

milliard. En outre 800 millions de personnes souffrent de la famine et de

sous-alimentation chronique et 1,7 milliard n’ont pas accès à l’eau potable.

Pour Caritas Suisse, les tendances de l’évolution mondiale représentent

un défi pour les organisations internationales dont font partie les oeuvres

d’entraide. Et de constater que si les ONG entendent s’engager et participer à l’organisation d’une société plus solidaire, elles sont tenues d’influencer les conditions-cadres économiques et politiques, mais aussi de dénoncer les causes des inégalités sociales et d’élaborer des solutions. La

détérioration dramatique des conditions de vie dans les pays du Sud et

l’intensification des conflits régionaux font de plus en plus que les programmes de développement à long terme cèdent la place à des projets d’aide

à la survie à court terme. Car, ajoute-t-elle, ces derniers temps, le concept de la coopération au développement fait l’objet de critiques. Même si

celles-ci s’adressent d’abord aux organisations internationales – Banque

mondiale ou institutions spécialisées de l’ONU – les ONG feraient bien de

prendre ces critiques au sérieux et d’y réfléchir en vue de remanier leur

propre concept et d’améliorer l’efficacité de leur activité. (apic/pr)

Encadré

Depuis le début du conflit en ex-Yougsolavie, Caritas Suisse a apporté des

secours pour un montant de 16,2 millions de francs. En 1993, elle a livré

1’675 tonnes d’aliments pour une valeur de 6,7 millions de francs. Au Kurdistan irakien, l’oeuvre d’entraide a réalisé en 1993 la troisième phase de

son programme pour un montant de 10,5 millions de francs. Depuis le début,

en 1991, elle a fourni une aide pour 38,5 millions, reconstruit 300 villages et 14’300 maisons. Grâce à cette aide, la survie de 530’000 personnes a

été assurée. Le Sud-Soudan, la Somalie, l’Inde et l’Albanie ont également

bénéficié de l’aide de Caritas en 1993.

A noter encore, durant la même période l’inauguration d’une fabrique de

portes et fenêtres en Arménie, le démarrage de trois programmes d’action au

Vietnam, au Kirghistan et au Tadjikistan.

Active sur les fronts à l’étranger, Caritas Suisse l’est également en

Suisse, avec l’ouverture d’un centre d’intégration à Gersau (SZ) ou avec

l’aide apporté après les intempéries de cet automne au Tessin et en Valais.

L’oeuvre, dont l’effectif des collaborateurs en 1993 s’est chiffré à 484

personnes plus 220 représentants des oeuvres d’entraide, soit 700 employés,

soutient par ailleurs les Caritas régionales dans leurs efforts pour planifier et réaliser des programmes d’occupation pour les chômeurs. (apic/pr).

17 mai 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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