Suisse: Célibat des prêtres et pédophilie: le présidium de l’épiscopat catholique réagit

«La majorité des prêtres sont des hommes bien dans leur peau»

Fribourg, 5 avril 2001 (APIC)Le présidium de l’épiscopat catholique suisse réagit au large l’écho donné dans la presse suisse à la mise à pied d’un prêtre du canton de Vaud. Pour indiscrétions contre son curé, mis en examen dans une affaire de relation avec un mineur. Les évêques suisses reprochent aux médias helvétiques de publier des choses qui ne correspondent en rien à la réalité du ministère sacerdotal aujourd’hui. «Si des problèmes ont surgi et surgissent ici et là, la majorité des prêtres accomplissent leur ministère de façon exemplaire, bien dans leur peau, comme des hommes modernes et sans frustrations particulières», rétorquent les évêques dans un communiqué publié jeudi 5 avril à Fribourg.

«A en croire la grande majorité des médias suisses, ces dernières semaines, rien ne va plus pour les prêtres de l’Eglise catholique. La moitié d’entre eux entretiendraient une relation féminine incompatible avec leur célibat, et beaucoup succomberaient à des pulsions pédophiles, abusant ainsi de leur autorité face aux enfants», commente le présidium de la Conférence des évêques suisses (CES). «Lorsqu’ils sont reconnus coupables, les prêtres doivent purger leur peine comme tout le monde et ils encourent également les sanctions prévues par la législation de l’Eglise. Mais qu’on cesse de jeter l’opprobre sur un ensemble de personnes, sans avancer le moindre début de commencement de preuve. Cela relève de la malhonnêteté», s’emporte plus loin le bureau de la CES.

«On nous assène des statistiques absolument invérifiables, visant à prouver qu’un prêtre sur deux aurait une compagne. Qu’on nous amène les preuves de ces allégations gratuites», demande la CES qui regrette de ne pas avoir de chiffres à opposer à ces propos diffamatoires. Elle reconnaît qu’il serait peu réaliste de nier que certains hommes d’Eglise connaissent des difficultés dans leur vie affective. Mais elle se refuse à généraliser le phénomène et à en faire un cheval de bataille contre le célibat des prêtres.

Pas d»omerta» dans l’Eglise

La CES réfute l’affirmation, formulée dans une quotidien romand, selon laquelle la loi du silence régnerait au sein de l’Eglise. «Peut-être, dans certains cas, la communication aura-t-elle mal passé, concède la CES. Peut-être le désir de protéger un présumé innocent ou une probable victime aura-t-il poussé à ne pas informer suffisamment». Les évêques suisses estiment que l’Eglise n’a pas à se substituer à la justice. Ils assurent également qu’elle ne veut en tout cas pas l’entraver. Les évêques suisses réaffirment leur confiance envers leurs prêtres, «dont la vocation peut être parfois mal comprise aux yeux de la société» (…) Dans le cas d’erreurs commises par des hommes d’Eglise et prouvées, le devoir des évêques est d’implorer le pardon des victimes, laissant à la justice la responsabilité de punir les contrevenants de façon équitable», conclut le communiqué de la CES.

La démission d’un curé vaudois et la mise à pied de son vicaire qui aurait rendu publique l’instruction ouverte contre son supérieur, pour relations avec un mineur, a relancé la semaine dernière en Suisse, le débat sur la vie sexuelle des prêtres. Le drame de la pédophilie dans l’Eglise est réapparu à la une de la presse.

Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg a reconnu, dans une interview publiée par le quotidien fribourgeois «La Liberté» que certains prêtres se rendaient coupables de gestes pédophiles, malgré le soin mis à leur formation. L’évêque a révélé que des mesures de prévention étaient à l’étude pour l’ensemble de la Suisse. (apic/com/ll/pf/mjp)

5 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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