Les organisations juives font pression sur la Suisse
Suisse: Conférence de l’ONU contre le racisme en avril prochain à Genève
Zurich, 30 novembre 2008 (Apic) Les organisations juives suisses font pression sur la Suisse afin qu’elle se joigne au boycott de la Conférence de l’ONU contre le racisme qui se tiendra à Genève en avril 2009. Elles craignent qu’Israël soit une nouvelle fois cloué au pilori. En cause, la politique de l’Etat hébreu dans les territoires palestiniens occupés.
Organisée à Genève du 20 au 24 avril 2009, cette «conférence d’examen de Durban» (CED) fait suite à la Conférence mondiale des Nations Unies contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui a eu lieu en 2001 à Durban, en Afrique du Sud. Cette première Conférence mondiale contre le racisme avait suscité l’ire d’Israël et de ses alliés. Ils avaient estimé que la Conférence de Durban avait été mise à profit par différents Etats et ONG «pour servir de plate-forme anti-israélienne et, partant, pour des déclarations de caractère antisémite».
Israël et le Canada (ce dernier en janvier dernier déjà) ont annoncé qu’ils boycotteraient «Durban II». Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la France examinent l’éventualité d’une non participation à la CED. Israël craint qu’une fois encore, la conférence conduira à une critique unilatérale de l’Etat juif et de sa politique envers les Palestiniens. Selon des documents préparatoires de la Conférence mentionnant l’occupation de territoires étrangers et leur colonisation, une telle politique se base sur la discrimination raciale. Il s’agit d’un nouvel «apartheid». Le comité de préparation est dirigé par la Libye, et des pays comme l’Iran et Cuba en font également partie.
Le Congrès juif mondial (CJM) a fait part au Conseil fédéral de son voeu que la Suisse se joigne au boycott, rapportait vendredi 28 novembre le quotidien «Neue Luzerner Zeitung». L’Association Suisse-Israël (ASI), la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) et la Plate-forme des Juifs Libéraux de Suisse (PJLS) craignent beaucoup que la CED «soit mise une nouvelle fois à profit par différents Etats et ONG pour servir de plate-forme anti-israélienne et, partant, pour des déclarations de caractère antisémite».
Les organisations juives estiment que la première Conférence mondiale contre le racisme organisée en 2001 à Durban avait déjà été transformée par de nombreux Etats participants et ONG «en tribune antisémitique et anti-israélienne».
«Cet état de fait s’était exprimé par la façon dont avait eue la Haute Commissaire pour les droits de l’homme, Mary Robinson, de se distancer politiquement de la déclaration finale de la Conférence de suivi des ONG. Cette instrumentalisation avait jeté une ombre sur l’objectif proprement dit de la Conférence, à savoir de promouvoir la lutte contre le racisme au niveau mondial».
«Nous sommes persuadés que la Suisse, pays hôte de la Conférence d’examen de Durban a tout intérêt à ce que l’objectif central de la conférence au plan des droits de l’homme – à savoir de vérifier la mise en oeuvre du programme d’action décidé en 2001 – soit respecté. Après l’organisation des conférences régionales et de la conférence de préparation de Genève en octobre, il s’avère toutefois que la Conférence d’examen va devenir une nouvelle fois une plate-forme pour des dérapages antisémitiques et que l’Etat d’Israël va être le seul pays à être condamné sous le couvert du racisme», pouvait-on déjà lire dans un communiqué publié le mois dernier par l’Association Suisse-Israël (ASI), la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) et la Plate-forme des Juifs Libéraux de Suisse (PJLS). (apic/gs/be)



