Les évêques rappellent leur ferme opposition

Suisse: Débat mercredi au national sur le nouveau paquet législatif sur les stupéfiants

Berne, 23 septembre 2003 (Apic) En affaiblissant la loi, l’Etat ne remplit plus ses obligations, estime le Présidium de la Conférence des évêques suisses (CES) à propos du nouveau paquet législatif sur les stupéfiants. Les évêques rappellent leur position et leur ferme opposition à cette loi, contre laquelle ils s’étaient exprimés en juin dernier déjà.

Dans une lettre envoyée en juin dernier aux Conseillers nationaux, le Présidium de la Conférence des évêques suisses (CES) se déclarait en effet opposé à la nouvelle loi sur les stupéfiants.

La Conférence des évêques suisses (CES) rappelle aujourd’hui, alors que le national débattra mercredi de cette nouvelle loi, que la révision en débat durant cette session d’automne ne favorise pas assez l’abstinence. Aux yeux des évêques, elle constitue pour «les structures sociales de notre pays une charge financière extrêmement lourde».

Le présidium de la CES considère que «la question du cannabis doit être distinguée de la problématique des stupéfiants dans son ensemble, surtout en ce qui concerne les drogues dures telles qu’elles sont mentionnées dans le projet de modification de la loi». Cependant, les évêques estiment qu’il revient à «l’Etat de formuler les lois de façon à ne pas favoriser des dépendances», qu’ils s’agissent de drogues dures ou douces.

Selon les évêques, l’Etat «remplit sa tâche quand, par le biais d’une législation adéquate, il laisse les espaces de liberté indispensables ou, au contraire, fixe des limites si nécessaire». Concernant le nouveau paquet législatif sur les stupéfiants, écrivent les évêques, force est de constater qu’en affaiblissant la loi, l’Etat ne remplit plus ses obligations.

Le communiqué, signé par Agnell Rickenmann, secrétaire général de la CES, mentionne «que si la Suisse adopte la nouvelle loi sur les stupéfiants, elle ira à l’encontre de la Convention internationale de l’Organe de contrôle des stupéfiants de l’ONU signée en 1961. De plus, si un pays légalise différentes formes de stupéfiants, le contrôle international de ces stupéfiants est de fait sapé dans les autres pays».

Promouvoir l’abstinence

«Dans le projet de modification de la législation, le but et la réelle volonté d’atteindre une abstinence n’est plus visible. Il faut en tirer la conclusion que le législateur a laissé tomber, parmi ses objectifs, celui de l’abstinence», disent encore les évêques suisses qui jugent cette perspective «incompréhensible».

Les prélats estiment que dans le projet de loi «le principe des quatre piliers est considérablement affaibli, dans la mesure où d’une part l’on renonce délibérément au pilier répressif et d’autre part le soutien aux toxicomanes très dépendants est réduit à une aide sociale à la survie».

Conséquences désastreuses

Pour les évêques suisses «par ce fait, les structures sociales de notre pays subiront à long terme une charge financière extrêmement lourde. Une telle surcharge structurelle et financière pourrait avoir des conséquences désastreuses, particulièrement pour les toxicomanes les plus gravement touchés».

«Le problème de la dépendance à vie des toxicomanes ne semble pas avoir été suffisamment réfléchi et pris au sérieux», estime la CES. Selon elle, il faut «promouvoir de sérieux programmes d’abstinence pour tous ceux qui ont encore la volonté de s’en sortir, en leur donnant ainsi de nouvelles perspectives de vie et d’avenir. Ceci serait par ailleurs bien moins onéreux pour les institutions sociales et la société dans son ensemble». (apic/com/sh/pr)

23 septembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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