Promesse de salut pour ceux qui croient... ou ne croient pas

Suisse: Des artistes contemporains traduiront la culture chrétienne à Expo.02

Berne, 29 novembre 2000 (APIC) «Qui es-tu pour Dieu?» Peu de visiteurs d’Expo.02 refuseront de répondre à la question – incongrue – posée par les 14 Eglises associées dans le cadre du projet «Un ange passe». En faisant appel à des artistes contemporains, Expo.02 s’adresse à l’imaginaire, à l’émotion, à la curiosité et au sens de l’humour du public, pour dialoguer avec lui de la foi et de la vérité religieuse.

Mardi à Berne devant la presse, la PDG Nelly Wenger et le directeur artistique Martin Heller d’Expo.02 ont levé un coin du voile sur l’image de la Suisse que les artisans de l’expo – artistes, architectes, scénographes, écoles d’art, Eglises et cantons (tous les cantons sont partie prenante) – sont en train de «construire et d’inventer».

Sous les remparts de Morat, l’»Usine d’origine» des six cantons de l’espace Mittelland remettra en question le stéréotype de la patrie. L’»Atelier Zérodeux» à Bienne donne quant à lui carte blanche à 15 étudiants et jeunes cinéastes de toute la Suisse pour restituer la mémoire de l’Expo à travers 60 courts-métrages, comme autant de regards personnels sur l’événement, et 100 spots illustrant les thèmes d’Expo.02. Quant à l’exposition «Un ange passe», sur l’arteplage de Morat, elle constitue un événement à elle seule En effet, pour la première fois depuis la Réforme, quatorze Eglises chrétiennes collaborent pour exprimer la force de l’Evangile sous l’égide des Eglises suisses à Expo.02 (ESE).

Un message accessible à tous

Le président de l’ESE, Thomas Wipf a souligné que les Eglises tenaient à inciter à la discussion et à l’échange par l’émotion et le sourire. «Les Eglises ont fait appel à des artistes d’aujourd’hui pour inscrire la culture chrétienne dans la culture contemporaine.» Elles ont ainsi adhéré au projet du Genevois Gabriel de Montmollin, théologien, auteur et directeur des Editions «Labor et Fides», pour donner une image d’elle-même accessible à tout un chacun, indépendamment de ses convictions.

«Il aurait été injuste de choisir un seul modèle de perception religieuse, à l’heure de la mondialisation, de la communication et des migrations. L’idée des sept ciels, concrétisée à travers sept chapelles sur l’arteplage de Morat, s’est imposée. Et avec elle le renouvellement de la communication du message chrétien à travers la vision de l’artiste de renommée internationale, Bob Wilson, mais aussi d’artistes suisses comme Anton Egloff, Suzanne Walder ou encore Yan Duyvendak.

Sept voûtes de 35 mètres carrés seront dispersées au bord du lac comme autant de ciels: ciel de la Bonne Nouvelle, du Mystère, du Verbe, de la Création, des relations, de la vie après la mort et de la bénédiction. Avec son titre sibyllin «Un ange passe»(voir ci-dessous), l’exposition insiste sur l’élément de surprise, sur la volonté d’entrer en dialogue et de donner des réponses sur les questions spirituelle de façon incongrue et originale, a expliqué le chef du projet.

Anes bibliques sur fond de montagnes helvétiques

Gabriel de Montmollin a rencontré en mai 2000 Bob Wilson, cinéaste passionné de spiritualité qui se démarque du patrimoine religieux. Cinq mois plus tard, l’artiste livrait sa mise en scène de sept ânes jaunes, en position de douleur dans un paysage aquatique, sur fond de montagnes helvétiques traversées par une étoile filante.

«On est loin de l’explication scientiste du big-bang. L’artiste offre une vision poétique du paradoxe biblique qui rabaisse les grands et élèvent les petits, les rejetés par leur statut ethnique ou économique. L’issue est précisée pour tous: c’est le paradis terrestre», commente Gabriel de Montmollin. Quant au ciel du mystère, Bob Wilson a repris la figure du «réprouvé» peinte par Jérôme Bosch, pour dire que les personnes qui condamnent les personnes saintes ont elles aussi accès au salut et à la liberté. La religion est montrée comme un lieu de pardon et de promesse, pour ceux qui croient ou ne croient pas en Dieu.

Traduire l’espérance

Anton Egloff propose de retrouver son chemin à travers des mots récurrents de la Bible comme la lumière, le sel, la terre ou encore le monde. Suzanne Walder montre des objets que l’on trouve dans les maisons, bougeoirs à six branches, coupures de journal, pétales de fleurs et racontent de nouvelles histoires. Avec l’eau qui s’écoule en abondance de mains ouvertes et généreuses, Roland Herzog explique que l’initiative de Dieu précède notre existence et que la vie donnée en plénitude est l’espérance de l’Evangile. Il a fallu du courage aux artistes pour s’intégrer au projet des Eglises suisses de rejoindre la civilisation biblique du livre et celle, contemporaine, de l’image, salue Gabriel de Montmollin. (apic/mjp)

29 novembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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