Suisse: Des évêques au créneau contre la «solution des délais» en matière d’avortement
Pour Mgr Koch et Mgr Brunner: tout simplement inacceptable
Baden/Sion, 11 janvier 2002 (APIC) Des évêques montent au créneau contre la «solution des délais» en matière d’avortement, soumise au peuple suisse lors d’une votation populaire ce printemps. L’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, qualifie ce projet de loi de «tout simplement inacceptable». Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, interpelle pour sa part «les hommes et les chrétiens de ce pays», appelés, à l’occasion de ce vote, à prendre une décision qu’il qualifie de «vitale».
«Les hommes et les chrétiens de ce pays auront-ils la force et la sagesse de prendre fait et cause en faveur de la reconnaissance fondamentale de la dignité inviolable et de la protection absolue de toute vie humaine de son début à sa fin? Ou bien abrogeront-ils par une loi, pour des motifs douteux, ce que la Constitution retient comme une valeur et un droit fondamental?», a lancé mardi Mgr Brunner lors de la réception de Nouvel An du Conseil d’Etat valaisan.
2001, une année de malheurs, 2002 une année de salut ?
Dans sa réflexion sur la nouvelle année, l’évêque de Sion a souhaité que 2002 «ne devienne pas une nouvelle ’année de malheurs’ comme on a appelé l’an 2001, mais une ’année de salut’». Parmi les décisions importantes que devra prendre cette année le peuple suisse, il y a celle, «vitale», sur l’avortement. Pour Mgr Brunner la votation sur la «solution des délais» est en effet «un test pour notre société». L’évêque valaisan conteste deux arguments invoqués pour modifier la loi: «la législation actuelle n’est plus observée depuis des années»; et «la femme devrait pouvoir décider elle-même en libre responsabilité».
L’évêque considère que ces deux motifs ne sont pas valables. «En effet, constate-t-il, si nous devions modifier ou abroger toutes les lois qui ne sont plus observées, ou qui ne le sont que sous la menace d’une sanction, ne régnerait plus que la ’loi du plus fort’, et prévaudrait la pratique du moindre effort. (.) Les hommes ont besoin de directives, de commandements et de lois. La ’responsabilité des laïcs’ dans l’Eglise et l’’autodétermination responsable en toute liberté’ dans la société ne sont de loin pas telles que nous le supposons toujours.»
Les chrétiens appelés à s’engager de façon déterminée dans la défense de la vie
Dans une contribution aux bulletins paroissiaux du diocèse de Bâle, Mgr Kurt Koch rappelle le caractère inaliénable de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle. Les chrétiens sont particulièrement appelés à s’engager de façon déterminée en faveur de la défense de la vie. L’évêque de Bâle relève, en ce qui concerne la «solution des délais», que l’on aurait davantage besoin d’une législation qui protège aussi bien la mère que la vie à naître, ainsi que la conscience des médecins et du personnel soignant. Et de déplorer que dans la société actuelle, la conscience éthique naturelle concernant le début et la fin de la vie humaine menace de disparaître. Mgr Koch considère que la «solution des délais» décidée par le Parlement et approuvée par le Conseil fédéral est «la pire des solutions imaginable» pour résoudre un problème épineux. (apic/skwz/com/be)




