Un modèle pionnier, qu’on ne trouve pas ailleurs

Suisse: Des laïïcs à la direction de l’œuvre missionnaires de Bethléem

Immensee, 21 novembre 2000 (APIC) Dans une interview accordée à l’agence APIC, le supérieur général des Missionnaires de Bethléem, Joseph Meili, a présenté la nouvelle organisation faîtière de l’œuvre missionnaire dirigée jusqu’à maintenant par la société religieuse basée à Immensee en Suisse. La direction verra dorénavant la présence de laïcs aux côtés de religieux. Ce «modèle pionnier», selon les termes du père Meili, a été adopté vendredi 17 novembre à la maison mère des Missionnaires à Immensee.

La décision d’introduire des collaborateurs laïcs dans les structures de direction et de planification donne suite à l’engagement de ces derniers dans les activités missionnaires de l’œuvre. Déjà au début des années nonante en Colombie, rappelle Joseph Meili, des petites équipes locales étaient formées de religieux et de laïcs. Il a alors été envisagé de donner à ces derniers un mandat missionnaire et de leur onfier des responsabilités particulières au niveau ecclésial. «En Amérique latine, nous avons toujours davantage de laïcs en activité. Il n’est donc pas possible qu’un tout petit groupe prenne des décisions pour un plus grand groupe», estime Joseph Meili, pour qui la nouvelle forme de direction doit résoudre ce genre de situation.

Le supérieur général décrit la nouvelle direction comme un «modèle pionnier, qu’on ne trouve pas ailleurs». La société des Missionnaires de Bethléem, qui est une congrégation religieuse, participera toujours à l’œuvre missionnaire avec un groupe de laïcs (136 hommes et femmes inscrits jusqu’à maintenant). La direction de l’œuvre sera quant à elle assurée par un groupe paritaire. «D’autres sociétés missionnaires nous observent pour voir si cela va fonctionner, car la plupart d’entre elles sont dans une situation semblable», affirme Joseph Meili.

Difficultés de recrutement

Paradoxalement, la récession économique de ces dernières années n’a pas favorisé l’engagement de missionnaires laïcs dans l’œuvre. Beaucoup de personnes qualifiées hésitent à s’inscrire pour plusieurs années, par crainte de ne plus retrouver un bonne place à leur retour. «Les assistants pastoraux retrouvent tout de suite un travail, car leur expérience missionnaire compte beaucoup. Mais pour ceux qui exercent une profession manuelle ou technique, c’est plus difficile», souligne le supérieur général des Missionnaires de Bethléem.

Si l’engagement des laïcs dans les œuvres de mission est une réalité qui date de plusieurs années, l’image du missionnaire est toujours véhiculée par la présence du prêtre ou de la religieuse au milieu des enfants ou auprès d’un groupe d’adultes. Cette image doit impérativement changer pour Joseph Meili: «Nous devons encore plus essayer de diffuser les visages des laïcs de retour de mission. Nous les envoyons dans les paroisses de nos régions et nous les encourageons à se profiler comme anciens missionnaires». (apic/wm/bb)

21 novembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!