L’option pour les pauvres conserve toute sa validité
Suisse: Des oeuvres d’entraide protestent contre les mesures prises à l’égard de Jon Sobrino
Zurich, 18 avril 2007 (Apic) Plusieurs oeuvres d’entraide suisses réagissent avec consternation aux mesures prises par la Congrégation vaticane pour la doctrine de la foi à l’encontre du théologien de la libération Jon Sobrino. Dans une lettre ouverte aux associations partenaires, les organisations soulignent leur attachement à l’option pour les pauvres, telle qu’elle a été formulée par le théologien de la libération.
La conception que se fait J. Sobrino d’un Jésus solidaire a, depuis des années, fourni d’importantes impulsions aux oeuvres d’entraide dans l’accompagnement et le soutien de démarches aussi bien en Amérique latine, en Asie qu’en Europe, indique la lettre ouverte. Celle-ci, datée du 10 avril, est signée par l’Action de Carême, la Mission Bethléem Immensee, Pain pour le prochain, Mission 21, OeME Berne, Miva et d’autres oeuvres.
La conception de J. Sobrino est inséparable de l’engagement pour les pauvres et des opprimés. L’archevêque salvadorien Oscar Romero, dont le conseiller théologique était Jon Sobrino, a vécu selon cette conception jusqu’à son assassinat. Le théologien salvadorien perpétue cet exemple dans sa vie et son engagement, et cela de manière conséquente et convaincante. C’est pourquoi le censurer revient à refuser son soutien à un important représentant de l’option pour les pauvres, affirment les oeuvres d’entraide.
La solidarité avec les pauvres comme expression de la foi
La solidarité avec les pauvres demeure pour les signataires d’une très grande importance. «Elle est pour nous l’expression d’une foi profonde en un Dieu libérateur», indique la lettre. Les oeuvres d’entraide rappellent aux organisations partenaires le courageux engagement des théologiens de la libération pour les «sans-terre», pour la défense des droits des communautés indiennes, pour leur lutte contre l’exploitation des gens et de la nature. Leur exemple «est pour nous d’une grande importance et nous encourage à vivre notre foi en Suisse aussi de manière libératrice», soulignent les oeuvres d’entraide.
La Congrégation pour la doctrine de la foi reproche en particulier à Jon Sobrino de caractériser Jésus plus comme un compagnon solidaire des hommes que comme Dieu Rédempteur, peut-on lire dans la lettre. Que la divinité de Jésus se manifeste justement par sa solidarité avec les plus démunis est fondamental pour la théologie de la libération comme aussi pour la compréhension qu’ont de leur tâche les oeuvres d’entraide et de mission des Eglises évangéliques et catholiques en Suisse. (apic/com/gs/js)



