Une Hollandaise, Genevoise d’adoption, élue co-présidente
Suisse: Deux présidentes pour la Fédération suisse des femmes protestantes
Lausanne, 3 mai 1998 (APIC) Pour la première fois depuis sa création en 1947, la Fédération suisse des femmes protestantes (FSFP) est dirigée par deux présidentes: une Alémanique, Ursula Angst-Vonwiller, et une Hollandaise, Genevoise d’adoption, Ria van Beek. Organisation faîtière regroupant des associations et des personnes affiliées à titre individuel, la Fédération protestante doit faire face ces dernières années au vieillissement et à l’érosion de ses membres. Parmi ses nombreuses activités, la Fédération s’engage de tout son poids dans les débats de société.
Depuis le 25 avril dernier, Ria van Beek, 59 ans, co-préside la Fédération suisse des femmes protestantes. Née dans une famille darbyste, elle est aujourd’hui membre de l’Eglise nationale protestante de Genève. D’origine néerlandaise, elle vit depuis une vingtaine d’années à Genève où son mari est en poste auprès du Conseil oecuménique des Eglises (COE). «Pas question d’abandonner mon passeport hollandais, confie la nouvelle co-présidente. Mais, je trouve tout de même les femmes protestantes formidables d’avoir élu une étrangère à leur tête». Le cahier des charges, que se partagent les deux présidentes, prévoit pour Ria van Beek les relations internes à la Fédération et avec les organisations partenaires. Les relations extérieures et la représentation auprès des milieux politiques reviennent à sa consoeur zurichoise.
Dans son appartement de Versoix, Ria van Beek se prépare à une nouvelle organisation de son temps à partager entre la paroisse protestante, dont elle est responsable des visites, sa vie familiale et désormais la direction de la Fédération. Le taux d’activité des deux présidentes représente un 50% pour chacune: 30% rémunérés et 20% de bénévolat, selon la règle valable pour toutes les membres actives de la FSFP. Ria van Beek siégeait au Comité central de la fédération protestante depuis 1990. La présidence est limitée à un mandat de trois ans, renouvelable.
Faire entendre sa voix
Ces dernières années, la Fédération des femmes protestantes a enregistré de nombreuses défections, essentiellement en Suisse romande. Les associations cantonales de Neuchâtel, Genève et du Jura bernois se sont sabordées les unes après les autres, faute de relève et d’intérêt suffisant pour poursuivre leurs activités. La seule à subsister tant bien que mal est à ce jour l’association vaudoise. Pourtant, les femmes protestantes ont connu des moments de forte participation. Elles sont à l’origine de nombreuses initiatives, relayées ensuite par des associations non-confessionnelles. «Aujourd’hui, les femmes travaillent d’abord professionnellement. Si elles s’engagent sur le plan associatif, elles choisissent la proximité: paroisse, commune. Elles ne ressentent pas le besoin d’une organisation faîtière pour les représenter», note Ria van Beek.
Active dans tous les débats de société, la FSFP veut à l’avenir mieux faire entendre sa voix. Elle s’apprête à reformuler ses lignes directrices qui datent d’une vingtaine d’années. La FSFP prend position en matière de politique sociale: ainsi elle soutient l’initiative lancée par l’Association pour une répartition équitable du travail (ARET). Elle s’est aussi mobilisée pour l’assurance-maternité. Sur la question de l’avortement, elle est favorable à la solution des délais. Dès cet automne, elle participera à la réflexion engagée par les Eglises sur l’avenir social et économique de la Suisse. La Fédération protestante qui représente 60’000 femmes de toutes les régions de Suisse collabore étroitement avec la Ligue suisse de femmes catholiques. (apic/spp/ba)




