Un tiers des élèves ni croyants en Dieu, ni incroyants

Suisse: Enquête sur la spiritualité dans une école préparatoire para-médicale

Fribourg, 9 mars 2001 (APIC) Une enquête diffusée en février a été réalisée par la rédaction du journal de l’Ecole cantonale de degré diplôme (ECDD) à Fribourg auprès de 123 élèves âgés de 16 à 19 ans. Elle révèle que 56% d’entre eux croient en Dieu, et 10% se disent incroyants. Les autres, soit 34%, restent sans réponse ou affirment croire «en une force supérieure autre que Dieu».

Les résultats de l’enquête réalisée par la rédaction du bulletin interne «ECDD / KDMS – News» ne peuvent pas être considérés comme représentatifs des jeunes en général. D’une part il ne touche que le milieu étudiant, de plus dans un domaine particulier, et d’autre part l’école en question, qui prépare ses élèves à une formation para-médicale, compte environ 80% de filles sur ses quelque 500 élèves.

Mais quelques tendances, applicables aux jeunes en général, se dessinent dans les réponses des élèves consultés. A la question «En qui ou en quoi croyez-vous?», le taux des «sans réponse» est de 20% et ceux qui disent croire en une force supérieure autre que Dieu est de 14%. Par ailleurs 56 % croient en un Dieu quel qu’il soit et seuls 10% se disent incroyants. L’enquête montre donc que plus du tiers des élèves ne se situe ni dans la foi en Dieu, ni dans l’incroyance.

A l’église pour un mariage ou un baptême

Quant à la fréquentation d’un lieu de culte, elle est pratiquée une à deux fois chaque année par le 64% des élèves sondés. La pratique hebdomadaire n’est observée que par le 5% des élèves, alors que 12% vont au culte ou à la messe une à deux fois par mois, et 19% affirment ne s’y rendre jamais. Et s’ils se rendent à l’église, au temple ou à un autre lieu de rassemblement religieux, c’est pour des circonstances telles que baptême ou mariage pour 69% parmi eux. Seuls 21% affirment se rendre au lieu de culte pour participer à l’office religieux.

Dans quelle(s) activité(s) les jeunes se sentent-ils le plus proche de Dieu? Les réponses «face à la mort» et «dans la prière» se détachent nettement: 68% les ont choisies. «Dans un lieu de culte» récolte environ 45% d’adhésion, alors que 37% ne citent aucune activité en particulier. Les autres réponses proposées (Naissance; cérémonies familiales; nature; autre: joie, tristesse, partout,…) récoltent entre 25 et 8% de «oui».

Le 21e siècle sera-t-il vraiment religieux?

Parmi ceux qui adhèrent à la citation de l’écrivain français, certains points de vue confinent au catastrophisme ou à l’ironie: «Oui, il y aura plein de guerres de religion»; «Le monde va de plus en plus mal et les gens iront se réfugier dans la prière, comme beaucoup le font déjà maintenant»; «Malraux a raison. Sans la religion, il n’y a pas de vie».

Enfin, 60% environ des élèves interrogés affirment que la religion ne joue pas un grand rôle dans leur vie quotidienne et un tiers environ pensent qu’elle tient un rôle important.

«Fribourg conserve son âme religieuse»

«A la vue de ces résultats, nous constatons que Fribourg, malgré la globalisation, le matérialisme, la fin des idéologies et autres phénomènes de société, conserve toujours son âme religieuse», affirme André Chardonnens, rédacteur de la revue «ECDD / KDMS – News». Il est clair que Fribourg n’est plus cette «citadelle catholique» soutenue par la République chrétienne de Georges Python, reconnaît André Chardonnens, mais le christianisme – et les valeurs chrétiennes – a évolué et répond, selon le sondage, aux attentes des jeunes. (apic/ecdd-news/bb)

9 mars 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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