Suisse: FEPS, CES et FSCI disent «Non» à la loi sur l’asile
Elles se prononcent pour son rejet le 24 septembre
Berne, 15 juin 2006 (Apic) La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), la Conférence des évêques suisses (CES) et la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) disent «Non» à la loi sur l’asile. Dans un communiqué commun, les elles se prononcent pour le rejet de cette loi.
Selon elles, la loi sur l’asile entrave l’accès des personnes persécutées à la procédure d’asile au lieu de leur garantir une protection, elle abandonne à la rue les demandeurs déboutés sans aucune aide sociale et augmente le nombre de sans-papiers.
La loi sur l’asile, dont la version révisée sera soumise au vote populaire le 24 septembre prochain, règle le traitement réservé aux personnes en quête d’un refuge en Suisse. La Fédération des Églises protestantes, la Conférence des évêques suisses et la Fédération suisse des communautés israélites s’opposent fermement aux nouvelles dispositions sur la non-entrée en matière, à la suppression de l’aide sociale pour les personnes dont la demande d’asile a été refusée, à l’inégalité de traitement des cas d’extrême gravité et aux mesures de contrainte, qu’elles estiment inopérantes et contraires à la dignité humaine.
Elles se déclarent résolument favorables à une politique d’accueil humanitaire offrant une protection aux personnes persécutées et un accès à l’aide sociale pour tous les demandeurs d’asile.
Ces exigences fondamentales, que la FEPS, la CES et la FSCI ont adressées au Parlement et à ses commissions, n’ont pas été retenues par le Parlement dans le texte de loi révisé. Seul le droit fondamental à l’aide d’urgence a été réintégré dans la loi après l’intervention du Tribunal fédéral. Sur plusieurs points importants, le texte soumis au vote se trouve donc en contradiction avec la tradition humanitaire de la Suisse et avec ses valeurs judéo-chrétiennes.
La FEPS, la CES et la FSCI confirment par ce refus l’orientation qui était la leur jusqu’à présent, et en prenant position conjointement, entendent donner des éléments de réflexion. Au cours des dernières années, elles se sont régulièrement exprimées sur la législation relative aux migrations et à l’asile, en insistant toujours sur le respect de la dignité humaine et des valeurs chrétiennes et juives. Enfin, elles expriment «leur reconnaissance envers toutes les personnes – et les nombreuses femmes parmi elles – qui depuis longtemps, au sein des paroisses ou dans des organisations d’entraide, accomplissent un travail remarquable et souvent bénévole pour accompagner les demandeurs d’asile et améliorer leurs conditions d’existence». PR
Encadré
La FEPS nuancée sur la nouvelle loi sur les étrangers
La Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) approuve pour sa part les dispositions que prévoit la nouvelle loi sur les étrangers à propos de l’intégration des migrants, qui serait désormais inscrite au niveau légal. Elle émet toutefois des réserves sur certains points et en rejette franchement d’autres, dans lesquels elle voit une atteinte à la dignité humaine. La position de la FEPS sur la loi qui sera soumise au vote populaire, également le 24 septembre prochain, est nuancée. Elle approuve l’inscription au niveau légal de l’intégration des migrants et la protection accordée aux victimes et aux témoins du trafic d’êtres humains. Elle regrette en revanche que la loi ne prévoie toujours pas d’autorisation de séjour pour les personnes qui après avoir reçu une autorisation par leur mariage, sont victimes de violence conjugale et se séparent de leur conjoint. La FEPS rejette totalement le texte de loi sur deux points: l’absence de dispositions pour le règlement des cas d’extrême gravité pour les sans-papiers; les mesures de contrainte prévues, qui constituent une atteinte à la dignité humaine. PR
(apic/com/pr)



