Toujours davantage de personnes sans confession
Suisse: Forte croissance de la diversité religieuse entre 1970 et 1990
Berne, 15 août 1997 (APIC) Toujours davantage de personnes en Suisse se déclarent sans confession, tandis que le paysage religieux s’est fortement diversifié entre les recensements fédéraux de 1970 et de 1990. Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), le fait marquant est la forte progression du nombre de personnes affirmant n’appartenir à aucune communauté religieuse, qui est passé en vingt ans de 1,1% à 7,4%, soit plus d’un demi million de personnes sur une population résidante de quelque 6’873’000 (en 1990).
D’après les résultats d’une étude de l’OFS (*) sur le dernier recensement fédéral présentés jeudi à Berne, 46,2% de la population résidant en Suisse se déclarent catholiques, 40% protestants. Ainsi, les Eglises nationales, en 1990, regroupaient encore plus de 86% de la population globale. En 1850, pratiquement toutes les personnes vivant en Suisse appartenaient à une confession chrétienne, avant que l’on assiste à une multiplication des Eglises et des communautés religieuses, accélérée notamment par les vagues d’immigration des dernières décennies.
Les protestants, longtemps majoritaires avec 60% de la population, ont été confrontés depuis 1950 à une érosion notable du nombre de leurs membres, pour n’atteindre plus que 40% en 1990.
Un catholique sur quatre est étranger
Par rapport aux protestants, la situation des catholiques s’est modifiée dans l’autre sens. L’Eglise catholique a profité, du moins dans une première phase, des courants migratoires. Grâce aux immigrants italiens et espagnols en particulier, près de la moitié de la population de la Suisse était catholique, avant que la proportion ne décroisse pour atteindre 46,2% en 1990. En parallèle, on assiste à l’arrivée des communautés orthodoxe et musulmane.
La proportion des sans confession est la plus grande à Neuchâtel, Genève et Bâle-Ville
Notons que les courants migratoires ont eu une influence particulière sur la composition de la population catholique: un catholique sur quatre est en effet étranger, rappelle l’OFS, soit une population de 763’000 personnes. Chez les protestants, la proportion d’étrangers est bien plus faible: 3,2% ou 140’000 personnes (toujours en 1990). C’est à Neuchâtel et à Genève – où existe la séparation entre Eglises et Etat – que la proportion des sans confession est la plus grande, ainsi qu’à Bâle-Ville.
Plus de 200’000 musulmans
La communauté israélite, après une constante progression qui lui fait atteindre 20’000 membres en 1960, connaît un recul. En 1990, les juifs n’étaient plus que 18’000 en Suisse, soit 0,3% de la population. On note par contre une constante progression des membres des Eglises orthodoxes et des Eglises orientales chrétiennes: leur proportion est passée de 0,3% à 1% de 1970 à 1990. La communauté musulmane a connu une bien plus forte croissance: en 1990, les 152’000 musulmans faisaient déjà 2,2% de la population. Entre-temps, leur nombre, en raison notamment de la présence des Bosniaques et des Albanais du Kosovo, a dépassé les 200’000.
Quant à la troisième Eglise nationale, l’Eglise catholique chrétienne ou vieille catholique, elle perd constamment des membres: de 37’000 lors du recensement de 1930, ils ne sont plus aujourd’hui que 12’000. Selon l’OFS, on trouve 11 cantons suisses dont la population compte au moins 70% de catholiques: Uri (90%); Zug, Lucerne, Fribourg, Schwytz, Jura, Nidwald, Tessin, Appenzell Rhodes Intérieures, Obwald et le Valais. On compte une majorité relative de catholiques dans les cantons de St-Gall, Grisons, Genève, Argovie et Soleure. Les réformés sont encore clairement majoritaires dans le canton de Berne (72%). Ils atteignent tout juste 50% dans les cantons de Glaris, Thurgovie, Vaud, Neuchâtel, Zurich, Bâle-Campagne, Schafhouse, ainsi qu’Appenzell Rhodes Extérieures.
22,5% de mariages mixtes
Les mariages entre partenaires de confession différentes ont également fortement augmenté. Si les mariages mixtes ne représentaient que le 5% des unions en 1880, ils sont déjà 22,5% en 1990. Dans les cantons fortement urbanisés, comme Zurich ou Genève, les mariages entre partenaires de confessions différentes dépassent la moitié. (apic/job/be)




