Suisse: Initiative fédérale «Aide pour la mère et l’enfant»
Protéger la vie à naître dans la Constitution fédérale
Luchsingen, 26 décembre 1997 (APIC) Des opposants à l’avortement groupés au sein du mouvement «Aide pour la mère et l’enfant» s’apprêtent à lancer une initiative fédérale pour la défense de l’enfant non-né. Le texte, soumis pour contrôle à la Chancellerie fédérale, prévoit que l’avortement n’est possible que dans le cas de danger pour la vie de la mère. Il prévoit conjointement une aide des cantons pour les mères en difficulté.
Le mouvement «Aide pour la mère et l’enfant» est apolitique et non-confessionnel. Né autour de professionnels de la santé et de personnes ayant vécu un avortement, le groupe s’est constitué ad hoc pour le lancement de cette initiative, explique François de Siebenthal, membre du comité central de «Oui à la vie» et membre du comité provisoire, à Lausanne. Bien que proche de «Oui à la vie» et d’autres mouvements anti-avortement «Aide pour la mère et l’enfant» ne leur est pas lié formellement et regroupe des gens de tous bords. Les Eglises ont été consultées, mais elles ne sont pas derrière cette initiative. «Nous préférons nous en tenir au principe de la séparation des pouvoirs». «En outre nous ne voulons surtout pas avoir à faire avec la classe politique. Nous devons sortir du jeu.»
L’idée de cette initiative est antérieure à la prise de position des femmes du Parti démocrate chrétien (PDC) favorables à une ’solution des délais avec consultation obligatoire’, elle ne constitue donc pas une réponse directe, relève F. de Siebenthal.
Dans un communiqué diffusé le 24 décembre, les auteurs du texte indiquent avoir voulu ternir compte non seulement des découvertes scientifiques les plus récentes, mais surtout des suites de l’avortement tant pour les personnes concernées que pour l’évolution démographique du pays.
L’initiative, dont le texte français n’a pas encore été définitivement arrêté, vise à inscrire dans la Constitution fédérale le principe de la protection de la vie de l’enfant pas encore né et celui de l’aide à la mère en détresse.
Selon le texte proposé, est punissable toute personne qui commet un avortement ou qui y contribue de manière décisive, sauf dans le cas où la grossesse met en danger la vie de la mère. Cette disposition, très restrictive par rapport à la pratique actuelle, vise en premier lieu les médecins qui pratiquent des avortements, commentent les initiants. La femme elle-même n’est pas visée et devrait généralement échapper à toute sanction pénale. F. de Sienbenthal cite la maxime du professeur Jérôme Lejeune: «Mieux vaux des lois sévères et des juges cléments que des lois laxistes et des juges haineux». «Il ne faut pas être naïf, des médecins font fortune en pratiquant des avortements. Et il y a des femmes qui avortent vraiment un peu facilement.»
Objection de conscience pour le personnel médical
Le texte de l’initiative permet enfin aux professionnels de la santé de refuser de pratiquer des avortements si leur conscience le leur interdit. La prise de conscience est d’ailleurs partie des milieux médicaux contraints d’effectuer contre leur gré des interruptions de grossesse, relève François de Siebenthal.
Le texte postule aussi une aide spécifique pour les mères en détresse que les cantons seraient chargés d’appliquer en collaboration avec les instances existantes. Les mesures transitoires annexées à l’initiative prévoient de consacrer à cette cause une partie des millions de la Fondation Suisse Solidaire. «On nous promet l’assurance maternité depuis 52 ans et rien n’est encore fait !. On pourrait aller encore beaucoup plus loin avec non seulement le principe du congé parental mais aussi celui d’un salaire pour la femme au foyer. En aidant concrètement les mères en difficulté on pourrait éviter un grand nombre d’avortements», estime F. de Siebenthal.
En Suisse bien qu’aucun chiffre officiel global ne soit disponible, le nombre d’avortements est estimé à 50’000 par an, affirme F. de Siebenthal soit un coût d’environ 100 millions de francs payés par les caisses-maladies, donc par les citoyens. Pour les initiants, l’aspect social est donc également évident. Offrir un salaire aux femmes au foyer, encourager matériellement les familles à avoir plus d’enfants ne peut qu’avoir un effet bénéfique sur l’économie, sans parler du financement à long terme des assurances sociales. «D’autres pays ont montré l’exemple. Nous sommes aujourd’hui en queue de peloton avec l’Albanie».
Officiellement l’initiative sera publiquement présentée lors d’une assemblée constitutive le 10 janvier prochain. Le récolte de signatures débutera vraisemblablement au mois de mars. «Elle devrait être rapide», estime F. de Siebenthal (apic/com/mp)



