Suisse: «Journée de rencontre et de découverte du judaïsme» des Eglises protestanteséLes fruits amers d’une théologie chrétienne antijudaïque

Berne, 8 juillet 1997 (APIC) Les protestants suisses organiseront en septembre prochain une «Journée de rencontre et de découverte» avec le judaïsme. Le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) recommande en effet à ses 22 Eglises membres et à leurs paroisses de préparer cette journée «pour souligner et mettre en lumière les relations uniques et durables entre l’Eglise et Israël». Du côté catholique, l’idée d’un «dies judaïca», en discussion avec les partenaires évangéliques et juifs, n’a pas encore pu se concrétiser.

Dans une réflexion pour mieux comprendre l’origine et le but du cheminement chrétien aux côtés du judaïsme, le Conseil de la FEPS propose «Un jour à l’école de la rencontre», avec pour thème cette année la réconciliation. Le document envoyé ces jours-ci aux Eglises a été préparé par la Commission de dialogue, mandatée conjointement par la Fédération des Communautés israélites de Suisse (FCIS) et la FEPS.

Les Eglises et communautés chrétiennes doivent aujourd’hui – dans leur théologie, leur prédication et dans l’action – reprendre conscience de leur relation originaire et inaliénable avec le peuple juif, peut-on lire dans le document de la FEPS. «L’Eglise et Israël ont en commun la foi que ce monde est création de Dieu dans l’attente de l’accomplissement. Le chemin d’Israël, du premier peuple élu, est différent de celui des chrétiens. Ces derniers ont été appelés, en tant que peuple élu en Jésus Christ, à rejoindre l’alliance avec Israël».

Une inimitié antijudaïque qui a culminé dans l’atrocité de la shoah

Pendant des siècles, reconnaît la FEPS, «l’Eglise chrétienne a oublié Israël et l’inimitié antijudaïque a sévi, pour culminer dans l’atrocité incompréhensible de la shoah». Ce n’est qu’après 1945 qu’un processus de reconnaissance des manquements, de volonté de conversion et de recherche de réconciliation a pris de l’ampleur en Suisse et ailleurs. Ce mouvement de conversion a besoin d’un constant renouvellement, car il ne va jamais de soi.

Au regard des responsabilités qui sont aujourd’hui celles des Eglises protestantes dans une société multiculturelle, la réconciliation entre l’Eglise et Israël est de la plus haute importance. «Pour pouvoir prêcher la réconciliation, le mouvement des fidèles vers Dieu doit avoir pour corollaire le mouvement vers les victimes d’une théologie chrétienne antijudaïque», poursuit la FEPS, qui invite les Eglises membres et leurs paroisses à se mettre en route pour l’apprentissage de la rencontre «sous l’arche de l’unique alliance».

Dans la lettre d’invitation aux Eglises membres et à leurs paroisses en vue d’organiser une telle Journée, la FEPS relève qu’il faut que la réconciliation se concrétise notamment «en résistant à l’antisémitisme et à la xénophobie, en tenant compte de notre partenariat avec les Eglises palestiniennes ou face aux accusateurs de la Suisse officielle durant la 2ème guerre mondiale». (apic/feps/be)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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