Suisse: Journée et dimanche des réfugiés (19 et 20 juin) (140694)
«Avec les réfugiés – contre la violence»
Lucerne, 14juin(APIC) «Avec les réfugiés – contre la violence»: tel est
le slogan sous lequel se déroulera la Journée et le dimanche des réfugiés,
les 19 et 20 juin prochains. Une violence que les étrangers fuient dans
leur pays d’origine pour la retrouver chez nous sous forme de xénophobie,
de racisme et d’exclusion.
Pour Caritas Suisse, cette manifestation est une occasion de faire mieux
connaître son engagement. Face au durcissement de la politique d’asile,
l’oeuvre d’entraide se doit, pour des raisons éthiques et humanitaires, de
prendre clairement position en faveur des réfugiés. Les Eglises en appellent elles aussi à une action commune contre la violence.
L’an passé, 25’000 personnes ont adressé une demande d’asile en Suisse.
Il s’agissait pour la plupart de réfugiés de la violence originaires d’exYougoslavie, de Somalie, de Turquie, du Sri Lanka ou d’autres pays déchirés
par la guerre. Seuls 14,7% d’entre eux ont obtenu une réponse positive à
l’issue de la procédure.
Le taux de reconnaissance est malgré tout monté en flèche si l’on songe
qu’en 1992 ils n’étaient que 4,7% à se voir reconnaître le statut de réfugié. Cette augmentation est notamment due au fait que la Confédération a
octroyé l’asile à bon nombre de requérants bosniaques. Dans le cadre d’actions spéciales, d’autres personnes ont par ailleurs bénéficié du statut de
réfugié ou de l’accueil provisoire.
Restrictions budgétaires et surplus de travail
En 1993, Caritas Suisse a logé et encadré 3’000 requérants et personnes
accueillies dans des foyers répartis sur six cantons. Vu l’augmentation du
taux de reconnaissance, les réfugiés statutaires dont Caritas Suisse s’occupe en étroite collaboration avec les Caritas régionales étaient quant à
eux deux fois plus nombreux que l’année précédente.
Les mesures d’intégration destinées aux quelques 5’000 réfugiés, ainsi
que l’encadrement des requérants requièrent toujours plus de travail. Pour
les victimes de la guerre, il faut en effet mettre au point diverses méthodes susceptibles d’aider ces personnes à surmonter les expériences souvent
traumatisantes qu’elles ont traversées. La récession a par ailleurs rendu
les choses plus difficiles, à commencer par la recherche d’emploi, et les
oeuvres d’entraide ont durement ressenti les mesures d’économie imposées
par la Confédération.
De l’assistance juridique…
La Confédération et les cantons couvrent une grande partie des dépenses
générées par l’encadrement des réfugiés et des requérants. Mais si Caritas
aide les réfugiés, c’est aussi et surtout pour des raisons humanitaires.
Aussi s’engage-t-elle à défendre leurs droits, même lorsque cela ne fait
pas partie de son mandat. Dans la plupart des cantons, elle offre notamment
un service de consultation juridique auquel collaborent parfois d’autres
oeuvres d’entraide. En 1993, ces services ont été particulièrement sollicités par les réfugiés de la violence menacés d’expulsion.
… au combat politique
Caritas ne se contente pas de veiller au bon fonctionnement de la procédure d’asile. Elle s’engage également en faveur d’une politique de l’asile
et des réfugiés adaptée aux exigences humanitaires de la Suisse. A cet
égard, la tâche a été lourde l’an dernier. Il a fallu prendre position sur
les mesures de contrainte dans le droit des étrangers et s’opposer à plusieurs reprises au renvoi de requérants dans la province serbe du Kosovo. A
l’instar des Eglises et des autres oeuvres d’entraide, Caritas ne peut en
principe approuver une expulsion que lorsque la sécurité et la dignité de
l’intéressé sont garanties, ce qui n’est actuellement le cas ni pour les
Kosovars ni pour les Sri Lankais, ni pour les nombreux Kurdes de Turquie.
Face au durcissement de la politique d’asile décrétée par des pays tels
que la Suisse, il importe de rappeler que les pires tragédies se jouent
sous d’autres latitudes et que c’est dans les pays pauvres du tiers monde
qu’affluent la grande majorité des réfugiés. Par les projets de développement et le soutien qu’elle organise dans de nombreux pays, et notamment au
Rwanda, Caritas contribue à réduire les causes de l’exode. (apic/com/pr)
ENCADRE
Appel commun des Eglises et de la communauté israélite
Dans un appel commun, la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS), la Conférence des évêques suisses, l’Eglise catholique-chrétienne de Suisse ainsi que la Fédération suisse des communautés israélites lancent un appel «au sabbat et au dimanche des réfugiés» pour que la xénophobie et le racisme soient vaincus.
Les représentants des communautés religieuses s’unissent ainsi aux oeuvres d’entraide pour combattre la violence. Ils relèvent que les mesures répressives ne sauraient à elles seules surmonter la xénophobie et le racisme. Selon eux, il faut les compléter par une action dans le domaine de
l’éducation et de la formation et par une politique visant à éliminer l’injustice sociale et à imposer les droits de l’homme.
«Nous représentons des communautés religieuses différentes, mais nous
sommes unis par la conviction qu’indépendamment de leur âge, de leur sexe
ou de leur appartenance ethnique, linguistique et religieuse, les êtres humains jouissent tous d’une dignité inaliénable. Les étrangers qui vivent
chez nous au même titre que les autres. Un engagement collectif, aux niveaux gouvernemental et individuel, est donc indispensable pour leur assurer une protection efficace».
Les représentants des communautés religieuses prônent une culture de la
non-violence et de la vénération de la vie qui repose sur la tolérance, le
respect et l’estime de l’autre. Les minorités, dont font partie les réfugiés et les requérants d’asile, ont tout particulièrement besoin de notre
protection. «C’est de ce point de vue que nous saluons l’adhésion de la
Suisse à la convention internationale pour la suppression de toute forme de
discrimination raciale et les modifications du Code pénal que son application nécessite». (apic/com/pr)



