Suisse: «Justice et Paix» souligne la valeur du dimanche et soutient le référendum

La commission de la Conférence des évêques avec les syndicats

Berne, 25 janvier 2005 (Apic) La Commission nationale suisse «Justice et Paix» soutient le référendum lancé par les syndicats en faveur du maintien de la tradition dominicale. Ne voulant pas ouvrir la porte à la généralisation du travail du dimanche, cette commission de la Conférence des évêques suisses (CES) s’oppose à la vente de toutes les prestations et marchandises dans des gares 365 jours par an.

Dans un communiqué publié mardi 25 janvier, la Commission estime que le repos dominical constitue un acquis social et culturel dont l’utilité humaine et économique est établie. Le peuple suisse sera appelé à voter sur la libéralisation du commerce en principe en juin ou septembre prochains.

Libéralisation voulue par le gouvernement, la droite et les milieux patronaux

L’opposition à cette libéralisation, voulue par le gouvernement, la droite politique et les milieux patronaux, réunit syndicats, organisations de consommateurs, petits commerçants et milieux d’Eglise. Ils refusent que l’assouplissement de la Loi sur le travail fasse que le dimanche devienne un jour de travail comme les autres dans tous les commerces et services des gares et des aéroports. La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et la Conférence des évêques suisses (CES) sont d’avis que le dimanche, «jour du Seigneur» et jour de repos et de congé, ne doit pas être vidé de sa substance.

Aujourd’hui encore, écrit «Justice et Paix», «nous associons au dimanche la tranquillité, le repos, les moments réservés à la famille, aux amis et aux connaissances ou simplement le temps pris pour soi, la détente, le recueillement, le rapprochement de la nature et tant d’autres choses encore».

La majorité de la population apprécie le congé du dimanche

Jusqu’ici, relève la Commission, cette interruption voulue du rythme de travail hebdomadaire a démontré son utilité: en dépit de toutes les prévisions alarmistes, la majorité de la population apprécie le dimanche à sa juste valeur.

«Justice et Paix» regrette dans son communiqué que certains milieux politiques et économiques fassent «des pieds et des mains» pour remettre en question la tradition dominicale. Pour ces milieux, il faut absolument pouvoir consommer dans les gares 24h sur 24, sans limite aucune. Ce développement crée une distorsion énorme de la concurrence à l’égard des commerces non représentés dans les gares, estime la Commission des évêques suisses.

«Inutile d’avoir beaucoup d’imagination pour comprendre que le but poursuivi est de supprimer purement et simplement l’interdiction du travail dominical. Du reste, des interventions parlementaires ont déjà été déposées dans ce sens», relève «Justice et Paix». Qui reconnaît que certains travaux doivent être accomplis le dimanche, mais il faut que ceux-ci demeurent des exceptions – «Il ne s’agit pas de faire marche arrière et les possibilités d’effectuer des achats doivent être maintenues dans les limites prévues par la loi».

Le travail, la performance et le mercantilisme ne sont pas la mesure de toute chose

Cependant, la Commission catholique estime que le repos dominical constitue un acquis social et culturel dont l’utilité humaine et économique est établie. Presque toutes les cultures connaissent une journée d’interruption semblable, relève-t-elle. «Manifestement, les êtres humains y ont trouvé une mesure de la joie de vivre afin que le travail, la performance et le mercantilisme ne soient pas la mesure de toute chose».

Car une société vivante ne se nourrit pas seulement d’activités économiques, estime «Justice et Paix». Elle a aussi besoin d’engagement bénévole, d’espaces de liberté à partager avec la famille, les amis, des groupes et associations, mais également d’un rythme social qui permette de cultiver les relations humaines. Si les jours de congé sont répartis différemment tout au long de la semaine, souligne-t-elle, le temps partagé devient une denrée rare.

«Passer même le dimanche en famille relèvera bientôt de l’exploit, déplore la Commission. Au détriment de tous, les structures de la société essentielles au maintien des relations – à commencer par la famille – s’écroulent les unes après les autres». Et de conclure que la conséquence de ce développement néfaste est le nombre des personnes souffrant de solitude qui va aller en augmentant. (apic/ces/com/be)

25 janvier 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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