Le Honduras et les tueurs de gosses des rues dans le collimateur

Suisse: L’ACAT appelle les chrétiens à se mobiliser Vendredi Saint en faveur des enfants

Berne, 7 avril 2003 (Apic) L’ACAT-Suisse, l’organisation des chrétiens pour l’abolition appelle les citoyens à se mobiliser le 18 avril, Vendredi Saint, contre la souffrance infligée aux enfants dans le monde.

A l’heure ou des dizaines de gosses meurent chaque jour victimes de la barbarie des hommes en Irak, l’ACAT initie une action «Abolissez les larmes des enfants», destinée à dénoncer les violences quotidiennes faites aux enfants et aux jeunes dans le monde. Elle demande aux chrétiens de s’engager en faveur des droits de ces jeunes. Surtout, elle lance une pétition en faveur des enfants des rues au Honduras, parfois froidement assassinés par des escadrons de la mort à la solde de riches commerçants et même de l’armée.

Comme il est désormais de tradition, l’ACAT-Suisse propose chaque année à pareille époque une action pour une mobilisation collective sur des sujets aussi divers que variés. Dans un communiqué, l’organisation engagée pour l’abolition de la torture déplore que quotidiennement dans le monde des mineurs sont abandonnés, battus, abusés sexuellement, contraints au travail forcé, traités comme des esclaves, condamnés à mort et exécutés, assassinés.

Dans sa pétition, qu’elle invite à signer, l’ACAT s’adresse explicitement au gouvernement du Honduras, pays dans lequel, affirme le mouvement, plus de 1’500 mineurs ont été assassinés depuis 1998, dont 64 pour le seul mois de décembre 2002. La plupart étaient des enfants de rue.

A l’appui de ses affirmations, l’ACAT cite le rapport d’Amnesty International (AI), «Tolérance zéro.pour l’impunité:exécutions extrajudiciaires d’enfants et de jeunes gens depuis 1998», qui dénonçait il y a peu de temps les exactions commises régulièrement au Honduras.

AI et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) dénonçaient en outre l’exécution d’enfants et de jeunes par des agents de l’Etats ou des individus non identifiés, policiers ou civils sans doute bénéficiant de l’accord implicite des pouvoirs publics, «permettant de penser qu’une campagne de «nettoyage social» est en cours.

L’infâme «voiture grise»

Selon des statistiques émises par «Casa Alianza», une organisation de défense des droits de l’homme, 14% des meurtres sont attribués à la violence entre gangs, 4% à la police et aux gardes et 2% à des civils. Les 12% restants sont attribués à l’infâme «voiture grise» qui rôde dans les voisinages en assassinant des enfants avec des fusils à haute puissance».

Face aux pressions internationales, le président du pays Ricardo Maduro a décidé de créer en juin 2002 une commission pour enquêter sur les meurtres d’enfants. Aucun des 15 cas qui lui ont été soumis par «Casa Alianza» n’ont abouti.

ACAT-Suisse exige du gouvernement de ce pays d’Amérique centrale «qu’il prenne immédiatement des dispositions afin d’assurer la protection des enfants des rues et qu’il poursuive les coupables et responsables des assassinats». A noter qu’une récolte de dons est actuellement organisée par le mouvement au niveau national. (apic/com/jv/pr)

7 avril 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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