Le document romain a provoqué irritation et incompréhension

Suisse: L’Action de Carême maintient le cap dans son engagement oecuménique

Lucerne/Lausanne, 26 juillet 2007 (Apic) L’Action de Carême, l’oeuvre d’entraide des catholiques suisses pour le développement, dont le siège est à Lucerne, maintient le cap dans son engagement oecuménique. Et ce malgré le récent document romain portant sur «certains aspects de la doctrine sur l’Eglise». Cet écrit refuse l’appellation «d’Eglise» aux communautés chrétiennes nées de la Réforme du XVIe siècle.

L’Action de Carême (AdC) rappelle jeudi 26 juillet, dans un communiqué signé par son directeur Antonio Hautle et les membres de sa direction, que ce document a provoqué de l’irritation, de l’incompréhension et une réaction de rejet, «y compris au sein de l’oeuvre d’entraide Action de Carême».

Le document publié le mardi 10 juillet par la Congrégation pour la doctrine de la foi, intitulé «Réponses à des questions concernant certains aspects de la doctrine sur l’Eglise», a suscité de nombreuses réactions, en particulier dans les régions germanophones. L’AdC prie par conséquent les autorités des Eglises en Suisse, en particulier les évêques et la Fédération des Eglises protestantes, de tout mettre oeuvre pour que le dialogue oecuménique, «loin de se geler, reçoive au contraire de cette controverse des impulsions nouvelles, en dépit des difficultés du moment».

Ne pas remettre en question la collaboration oecuménique concrète

Face à cette réalité, l’Action de Carême (AdC) a tenu jeudi à prendre position sur cette question. La publication de ce document ne doit en effet pas remettre en question la collaboration oecuménique concrète, estime l’AdC. Comme l’a souligné le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, il s’agit de porter ensemble un témoignage en faveur de l’Evangile, et ceci au-delà des frontières confessionnelles. L’humanité a besoin de ce témoignage. Les différences théologiques ne retrouvent qu’ensuite leur pertinence». Tel est également l’avis de l’oeuvre d’entraide catholique.

L’AdC relève que la collaboration oecuménique concrète en Suisse a porté des fruits abondants après le Concile et dès 1965. La campagne oecuménique Action de Carême /Pain pour le prochain (le pendant protestant de l’AdC, ndr) menée depuis 1968, et associant depuis quelques années l’oeuvre d’entraide catholique-chrétienne «Etre partenaires», en est un exemple.

«C’est également ensemble que nous voulons nous engager dans le futur en faveur de la solidarité universelle et de la justice, en témoignage d’un oecuménisme chrétien vécu. Dans nos programmes dans les pays du Sud, nous collaborons avec de nombreuses organisations oecuméniques et appuyons leurs projets oecuméniques, en particulier dans le domaine pastoral», poursuit l’AdC dans son communiqué.

L’oeuvre d’entraide catholique se dit consciente que certaines questions et différences doctrinales et théologiques font encore obstacle à une pleine unité des Eglises chrétiennes. «Néanmoins, nous poursuivons sciemment notre collaboration à la base, confiants que l’Esprit de Dieu saura un jour conduire les Eglises à l’unité. Ce ne sera pas la première fois dans l’histoire de l’Eglise que les impulsions décisives viennent de la base, et non pas du sommet – par exemple le mouvement liturgique avant le Concile Vatican II ou le mouvement franciscain au Moyen Age».

Les oeuvres d’entraide chrétiennes continueront d’apporter leur contribution constructive et critique à ce débat, peut-on encore lire dans ce communiqué, signé par Antonio Hautle et les membres de sa direction. Notons qu’après la vague de réactions négatives suscitées par la publication du document romain, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi s’est dit «étonné». Le cardinal William Levada a qualifié ces réactions dans les milieux oecuméniques de «très surprenantes», soulignant par là les différences d’appréciation entre le sommet et la base de l’Eglise engagée dans le dialogue et la coopération oecuméniques. (apic/com/be)

26 juillet 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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