Suisse: L’initiative «Pour la mère et l’enfant» a déjà récolté 50’000 signatures

L’Etat doit protéger l’enfant à naître

Estavayer-le-Lac, 30 septembre 1998 (APIC) Des opposants à l’avortement, groupés au sein du mouvement «Aide pour la mère et l’enfant», ont lancé, le 2 juin, la récolte de signatures en vue de faire aboutir une initiative populaire fédérale pour la défense de l’enfant non-né. Le texte de l’initiative se veut un contre-projet à la solution des délais. Ainsi, en 4 mois, la moitié des signatures nécessaires, soit 50’000, sont déjà récoltées, affirme le mouvement. Le délai imparti cours jusqu’en décembre 1999.

Le vaste soutien populaire rencontré par l’initiative devrait être pris au sérieux par le Conseil national qui va débattre prochainement de cette question, suite au dépôt d’une initiative parlementaire par Barbara Haering-Binder, conseillère nationale (PS). «La solution des délais», jusqu’à 14 semaines, pourrait remplacer la loi pénale existante, laquelle n’est d’ailleurs plus appliquée depuis plus de 10 ans par la jurisprudence et par les administrations relatives au domaine de la santé.

Pour le comité d’initiative «Pour la mère et l’enfant», la «solution des délais» représente une libéralisation «quasi totale» de l’avortement. Ses co-présidentes, Nicole Stern, docteur en médecine, et Myriam Dupuis, précisent que «la solution des délais» est une aberration dans le débat sur l’avortement. Entre temps, le Conseil fédéral a aussi pris position contre «la solution des délais» considérant que l’Etat doit aussi assurer une protection à l’enfant à naître.

L’initiative populaire «Pour la mère et l’enfant» veut précisément que ce principe de la protection de l’enfant non-né soit ancré clairement dans la Constitution fédérale, principe qui défend aussi le droit à l’aide pour la mère en détresse. Selon les auteurs, l’initiative représente une alternative solide et constructive face à la «solution des délais». Elle est également un contre-projet à la position des femmes PDC suisses, qui préconisent la dépénalisation de l’avortement jusqu’à 12 semaines avec un système de consultation obligatoire tel que celui pratiqué en Allemagne.

Soutenir chaque mère dans le besoin

Le texte de l’initiative, déposé à la Chancellerie fédérale à Berne, veut que le droit de vie de l’enfant non-né pèse plus lourd que la seule détermination de la mère. Il rend toutefois possible le recours à l’avortement lorsque la vie de la mère est réellement en danger. Il veut aussi garantir pour chaque mère de famille dans le besoin le soutien psychologique et/ou l’aide matérielle nécessaire.

Le Comité d’initiative, composé de 27 membres, est hors partis et supra confessionnel. Les deux tiers des membres sont des femmes et la moitié appartient au corps médical. L’âge moyen se situe entre 30 et 40 ans. Certaines femmes, membres du Comité, ont vécu une expérience d’avortement et en ont souffert pendant des années. (apic/com/ab)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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