Les Eglises protestantes souhaitent cependant une réglementation
Suisse: L’initiative pour la protection génétique est trop restrictive, estime la FEPS
Berne, 1er mai 1998 (APIC) L’initiative pour la protection génétique soumise au peuple suisse le 7 juin prochain est trop restrictive, estime la Commission Eglise et société de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS). Mais le projet Gen-lex mis en route par la Confédération est par contre insuffisant.
La FEPS n’approuve pleinement aucun des deux projets concernant le génie génétique souligne le communique publié le 1er mai. Grâce à l’initiative pour la protection génétique un large débat politique se déroule aujourd’hui, note la commission protestante, puisque sous la pression de l’initiative, le paquet de lois Gen-Lex a été conçu à titre de contre-projet indirect. Mais pour les éthiciens de la FEPS, l’initiative est trop restrictive, et le paquet Gen-Lex doit être retravaillé.
Le génie génétique évolue à une vitesse foudroyante: les retombées positives comme les risques sont grands. Son utilisation dans le domaine extra-humain n’est encore qu’insuffisamment réglementée. La commission ne s’exprime pas sur le paquet de lois comme tel, mais bien sur les principes éthiques qui devraient orienter la réglementation a venir. A son avis, la législation devrait respecter cinq principes éthiques: l’utilisation de la technique au service de la vie, la dignité de la créature, le maintien de la diversité biologique, le développement durable, la justice.
Autorisation, mais prudence!
Les interventions du génie génétique tendent à instrumentaliser les animaux, les plantes et les autres organismes, observent les auteurs de cette prise de position. Lorsqu’elles se font au service de la vie (lutte contre la faim, promotion de la santé, protection de l’environnement) et qu’elles respectent les autres principes éthiques, elles doivent être autorisées. Mais la dignité de la créature signifie qu’animaux et plantes ont une valeur propre, indépendamment de leur utilité pour les humains. Il est par conséquent nécessaire de bien mettre en balance l’objectif a atteindre d’une part et la dignité de la créature d’autre part. La commission préconise donc une grande prudence dans la pratique d’autorisation.
«La dignité de la créature ne concerne pas que les animaux et les plantes, comme le prévoit le paquet Gen-Lex, mais elle s’étend bien au-delà», estiment les éthiciens protestants. La référence au «maintien de la diversité biologique» en rend compte. Cette notion englobe l’écosystème, la génétique et la diversité des espèces tout a la fois. «Là aussi, le génie génétique représente un risque», précise le communiqué. La notion de «développement durable» appliquée à la technologie génétique signifie en premier lieu que les risques à court et à long terme doivent être extrêmement restreints: «Les ressources vitales du monde ne sauraient être mises en danger. Les organismes transgéniques disséminés dans l’environnement pourraient y causer de grands dégâts, par ailleurs irréversibles.»
Le principe de justice lui aussi joue un grand rôle dans l’utilisation du génie génétique. La Commission reconnaît la nécessité de protéger la propriété intellectuelle, mais aussi la répartition équitable des profits réalisés grâce à cette protection. Elle considère qu’une législation respectant l’objectif de sauvegarde de la création est la condition indispensable à l’utilisation du génie génétique dans le domaine extra-humain, et s’engage donc en faveur d’une nouvelle version du projet Gen-Lex. (apic/spp/mp)



