Menaces de boycott contre les fabricants et les vendeurs
Suisse: La campagne contre la possible introduction de la RU 486 est lancée
Lausanne, 1er juillet 1999 (APIC) Le collectif d’Associations réuni sous le sigle des «3C» – «Création + Communication + Continuation», largement représenté par «Oui à la vie», ne veut pas de l’introduction en Suisse de la pilule abortive RU 486, dont l’homologation pourrait intervenir dès le mois d’août prochain. Les représentants de ce collectif ne se contentent pas d’argumenter les raisons de ce refus. Ils menacent de lancer une campagne de boycott, contre les entreprises ou multinationales impliquées dans la commercialisation et la vente de cette pilule.
Après la France, la Grande-Bretagne et la Suède, la Suisse pourrait être le quatrième pays européen à autoriser la pilule abortive RU 486. Cette pillule est habituellement administrée au cours des sept premières semaines de grossesse pour provoquer l’avortement. Une demande d’enregistrement de la pilule abortive RU 486 a été déposée en février en Suisse auprès de l’Office intercantonal des médicaments (OICM). Le produit controversé pourrait être disponible dès la fin août, après environ six mois d’»expertises».
Au cours d’une conférence de presse donnée jeudi 1er juillet à Lausanne, le pasteur Henri Coste, l’avocat Pierre Gauye et l’économiste François de Siebenthal, représentant le collectif «3C» ont vivement condamné la RU 486. Qui n’est «pas un moindre mal par rapport à l’avortement chirurgical, mais un moyen pire encore». Pour eux, il s’agit d’un produit chimique tératogène, c’est-à-dire que l’enfant, s’il survit – ce qui, selon les intervenants, peut arriver dans 5% des cas – est alors exposé à un risque de malformation. La méthode, relèvent-ils encore, est extrêmement traumatisante pour la femme, elle est en outre dangereuse pour sa santé physique.
On est loin des «vertus» prêtées à la RU 486, vantée par le laboratoire Roussel-Uclaf et présentée comme un moyen moderne «d’avortement», moins mauvais que le stérilet, mais surtout comme «un médicament sur lequel se fonderaient certains espoirs thérapeutiques», commente le pasteur Coste. Pour lui, un médicament qui ne servirait pas à guérir mais à tuer ne peut être taxer de médicament. D’ailleurs, avance l’avocat Pierre Gauye, l’éventuelle introduction de la pilule abortive RU 486 en Suisse semble bel et bien contraire à la législation en vigueur. Le médecin n’ayant pas la «maîtrise de l’acte».
Boycott: comme aux Etats-Unis
Pour François de Siebenthal, le collectif «3C», fort de l’appui de mouvements comme «Oui à la vie», a largement les moyens de lancer une campagne de boycott contre les entreprises ou multinationales impliquées dans la fabrication et la commercialisation de la RU 486, comme Hoechst, Marion, Roussel-Uclaf, Rhône-Poulenc, Cosan, Aventis et même contre l’Etat du Koweit, derrière Hoechst. «Nous tenons une liste de produits fabriqués ou vendus par ces sociétés, prête à être diffusée partout en Suisse. Et si nous parvenons à faire baisser de 10% seulement le chiffre d’affaire de ces firmes, nous pourrions considérer cela comme une grande victoire. Nous procéderions de la même manière pour le Koweit, s’agissant des stations service suisses».
La campagne suisse pourrait se calquer sur celle des Etats-Unis, où la décision de ne pas introduire la RU 486 a été prise début juin, sous la pression des puissants groupes opposés à la RU 486. Ces derniers avaient en effet menacé de boycotter tous les produits du groupe chimique allemand Hoechst.
L’entreprise Cosan dans le collimateur des opposants
En Suisse, l’entreprise Cosan Gmbh, à Volketswil (ZH) doit s’attendre, comme les autres firmes, a être confrontée à un boycott systématique, assure l’économiste de Siebenthal. Quant au pasteur Coste, il s’étonne qu’une telle société paravant, au capital de 20’000 francs seulement, puisse prétendre à la commercialisation de la pilule abortive. «Qu’adviendra-t-il en cas de pépin et de réparations matérielles possibles», s’interroge-t-il. L’entreprise Cosan GmbH, a effectivement souhaité l’introduction en Suisse de la RU 486, après avoir été contactée par le fabriquant français Exelgyn. L’Office intercantonal des médicaments (OICM) avait du reste confirmé en date du 3 février 1999 être en contact avec Cosan au sujet de la pilule Mifegyne. (apic/pr)




