Suisse: La campagne œcuménique de Carême propose de «civiliser l’argent»
Favoriser les placements éthiques et écologiques
Lausanne, 27 février 2001 (APIC) La campagne œcuménique de Carême sera lancée le Mercredi des Cendres 28 février, ou le dimanche qui suivra, dans les paroisses catholiques et réformées de Suisse. L’organisation protestante «Pain pour le Prochain» et son homologue catholique «l’Action de Carême» proposent aux chrétiens de «civiliser l’argent». Les placements éthiques et écologiques permettent d’humaniser le capital, affirment les deux organismes dans leur calendrier de Carême dossier de présentation de la campagne 2001.
«Connus pour être de prudents épargnants, les Suisses ont changé leurs mœurs. En octobre 2000, une étude de l’Université de Zurich indiquait qu’un Suisse sur trois place désormais son argent en bourse: deux fois plus qu’en 1997», souligne le dossier diffusé par «Pain pour le Prochain» et «l’Action de Carême». Les pays voisins connaissent également un fort accroissement des opérations financières. De 1990 à 1998, la France a vu une explosion des opérations transfrontalières sur les actions et obligations. Celles-ci sont passées de 54% à 415% du produit intérieur brut. Même phénomène en Allemagne, où elles ont augmenté durant cette même période de 57% à 329% du PIB. Par ailleurs, sur les 2’000 milliards de dollars américains de transactions journalières effectuées actuellement sur le marché des devises (six fois plus qu’en 1980), seuls 3 à 8% sont liés à des activités productives.
Une économie «virtuelle et spéculative»
Face à cette nouvelle forme d’économie «de plus en plus virtuelle et spéculative» la campagne de Carême 2001 affirme qu’il devient urgent de «réfléchir aux critères qui déterminent nos comportements économiques». Pour «l’Action de Carême» et «Pain pour le Prochain», «Civiliser l’argent» signifie substituer les valeurs de l’éthique et du développement durable aux seuls critères du rendement maximum et des «bonnes affaires». Mais les Suisses n’ont pas attendu la campagne de Carême 2001 pour s’engager dans une forme de commerce plus équitable: les deux organisations soulignent que les placements éthico-écologiques ont triplé ces deux dernières années en Suisse et atteignent 5 milliards de francs.
Observer des principes éthiques et solidaires
Le dossier de Carême cite plusieurs possibilités de placer son argent en observant des principes éthiques et solidaires. A côté de critères strictement financiers, des entreprises comme la «Banque Alternative», la «Fondation Ethos», L’association «ACTARES» active dans l’actionnariat et «La Solidarité Nord-Sud» avec Oikocredit sont sensibles à des plus-values dans les domaines de l’écologie, de la culture et de l’économie sociale. Elles s’adressent à des personnes qui s’engagent dans des investissements éthiques et qui refusent ainsi de financer des activités contraires à leurs convictions morales ou religieuses. «L’Action de Carême» et «Pain pour le prochain» ont décidé de soutenir ces quatre entreprises durant leur campagne. «Exemplaires et crédibles par leur engagement et leur cohérence, proches de la société civile, ces initiatives ont chacune joué un rôle pionnier dans un secteur déterminé. Elles prouvent qu’économie et développement durable, éthique et rentabilité peuvent aller de pair», affirme le dossier de Carême.
Pour susciter un vaste débat, «l’Action de Carême» et «Pain pour le Prochain» ont organisé une série de tables rondes dans les principales villes de Suisse romande sur le thème des placements éthiques. (apic/com/bb)



