Pour protester contre l’amnistie générale proposée par Bouteflika
Suisse: La caravane contre l’oubli en Algérie passe par Genève
Genève, 20 septembre 2005 (Apic) Le Collectif des familles de «disparus» en Algérie organise une caravane à travers l’Europe. Après Bruxelles, les cinq membres de la caravane, tous des parents de personnes «disparues», seront de passage à Genève le mercredi 21 et le jeudi 22 septembre 2005 pour y rencontrer la Haut commissaire aux droits de l’homme, Louise Arbour.
Pour réagir face à l’amnistie générale proposée par le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le Collectif des familles de «disparus» en Algérie organise, comme cela avait déjà été fait en 1998, une caravane à travers l’Europe. But: alerter les gouvernements du déni de justice que serait une amnistie générale.
La caravane, venant d’Algérie, est emmenée par Nasséra Dutour, porte- parole du Collectif et elle-même mère d’un «disparu». Les membres de cette délégation ont déjà été reçus à Bruxelles par la présidente de la sous- commission des droits de l’homme. Ils seront à Genève les 21 et 22 septembre.
La proposition, par le président algérien Abdelaziz Bouteflika, d’une amnistie générale pour les auteurs d’atteintes aux droits humains commises lors du conflit interne qui a ravagé le pays, pourrait priver définitivement les victimes et leurs familles de leur droit à la vérité, à la justice et à des réparations.
Absence d’enquête et complaisance gouvernementale
Au cours de récentes déclarations publiques, le président Abdelaziz Bouteflika a pourtant admis que 200’000 personnes avaient été tuées durant le conflit. Des milliers d’autres ont «disparu» après leur arrestation par les forces de sécurité ou ont été enlevées par des groupes armés et exécutées sommairement.
Dans la grande majorité des cas, dénonce Amnesty International, les autorités n’ont rien fait pour éclaircir les circonstances des crimes et traduire leurs auteurs présumés en justice, en dépit des efforts incessants des victimes et de leurs familles pour chercher à établir la vérité.
Dans ce contexte, estime AI, une amnistie générale signifierait que l’héritage du passé resterait à tout jamais enfoui, ce qui pourrait affaiblir durablement toute perspective d’un avenir pleinement respectueux des droits humains. L’amnistie entérinerait également l’absence d’enquêtes sur des milliers de «disparitions». 6’146 personnes ont «disparu» aux mains des forces de sécurité entre 1992 et 1998. Ce chiffre a été établi à partir des plaintes déposées par les familles. (apic/com/pr)



