Suisse: La Commission «Couple et Famille» de la CES répond à la LSFC
Les droits de l’enfant sont primordiaux
Genève, 28 février 2002 (APIC) La Commission «Couple et Famille» de la Conférence des évêques suisses (CES) réagit à la prise de position de la Ligue suisse de femmes catholiques (LSFC), à propos de la position favorable que cette dernière accorde à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Les deux coprésidentes de ladite Commission, Brigitte de Werra et Véronique Compagnon font part de leur surprise et de leur consternation face à la décision affichée sur la question par la LSFC.
«Avec l’institution de cette possibilité, il en va de l’épanouissement non des couples, mais bien de celui des enfants concernés. Ce n’est pas l’enfant qui justifie un couple. Ce n’est pas grâce à un enfant qu’un couple obtient un statut reconnu par la société», indiquent la Commission dans un communiqué publié jeudi 28 février.
«Notre intention, précise les deux coprésidentes, n’est pas de mettre en doute toute la capacité d’amour, d’attention et de responsabilité des couples homosexuels vis-à-vis des enfants. Ce que nous voulons dire, c’est que le «droit absolu à l’enfant» – quel que soit la nature du couple – n’existe pas».
Selon la Commission, le devenir humain, affectif et relationnel de chaque enfant nécessite la possibilité de pouvoir «aller et venir entre un père et une mère, donc entre deux pôles sexués différents. Ce qui lui permet à son tour de se découvrir, se différencier et de s’individualiser dans son développement de femme ou d’homme. La croissance physique et psychique de chaque enfant n’est-elle pas le fruit d’un mûrissement fait d’étapes à vivre dans des confrontations interpersonnelles et de découvertes communes et différenciées?»
Pour pouvoir devenir adulte, peut-on lire dans le communiqué, l’enfant est appelé à découvrir, à accepter et à assumer la «différence et l’interaction homme-femme. Toute indifférenciation va à l’encontre de son développement personnel, relationnel et affectif».
Famille idéale?
Les deux coprésidentes disent enfin ne pas ignorer la réalité de beaucoup d’enfants qui grandissent avec un seul parent. Pour elles, il n’y a pas de «famille idéale». Mais, concluent-elles, de là à vouloir institutionnaliser cette situation d’adoption, qui semble gommer toute différence sexuelle, il y a un pas à ne pas franchir. «Pour le bien des enfants concernés!».
Le communiqué de la Commission «Couple et Famille» de la CES intervient deux hours à peine après la décision de la Cour européenne à Strasbourg, qui a admis mardi dans un jugement que la France peut refuser l’adoption à une personne homosexuelle. Cela, ajoute la Cour, sans pour autant se rendre coupable de discrimination au sens de la Convention européenne des droits de l’homme.
La juridiction du Conseil de l’Europe était saisie d’une plainte introduite contre la France par un enseignant de 47 ans, Philippe Fretté, qui s’était vu refuser en 1993 l’agrément en vue d’adoption par la direction de l’action sociale du département de Paris du fait de son homosexualité. Cette décision, invalidée par le tribunal administratif, avait été confirmée, in fine, en Conseil d’Etat, le 9 octobre 1996. (apic/com/pr)



