Suisse: La Conférence épiscopale suisse «plutôt rassurée» par le recensement 2002
Dialoguer avec les personnes sans religion
Berne, 30 janvier 2003 (APIC) La Conférence des évêques suisses réagit sereinement aux aspects religieux du recensement fédéral 2000, publié le 30 janvier. En première analyse, elle remarque que la baisse des catholiques est principalement due au mouvement migratoire et que son impact sur la population suisse est une «fluctuation compréhensible». Quant à la transformation du paysage religieux national, les évêques suisses entendent développer des instruments de dialogue avec les personnes sans religion et les confessions nouvellement implantées, toutes deux en nombre croissant.
L’Office fédéral de la statistique fait part d’un recul du nombre de fidèles catholiques-romains depuis 1990, tant en nombres absolus (124’434 personnes en moins) qu’en termes relatifs (-3,9%).
Dans son communiqué daté du 30 janvier, la Conférence épiscopale constate que depuis plusieurs décennies, la société se sécularise et que le nombre des fidèles des Eglises dites traditionnelles est en recul. «Il n’y a donc en cela rien de vraiment nouveau», remarquent les évêques.
En revanche, soulignent-ils, si l’on observe les chiffres dans le détail, on constate que le nombre de catholiques-romains a certes reculé de 3,9%, mais que cette baisse est principalement due au phénomène migratoire: on enregistre -10,1% d’étrangers catholiques-romains. Or on sait que de nombreux ressortissants de pays latins, traditionnellement catholiques, sont repartis chez eux. Dans le même temps, les nouveaux arrivants proviennent souvent de pays majoritairement d’autres religions et cultures, constate la Conférence épiscopale.
Par contre, si l’on observe le pourcentage de catholiques-romains parmi la population suisse, la baisse n’est plus que de 2,1% en dix ans, ce qui peut être considéré comme une fluctuation compréhensible dans le contexte de notre société. On aurait pu s’attendre à une baisse plus importante, notamment aussi en raison de la baisse de la natalité. «En ce sens, ce résultat est plutôt rassurant», estiment les évêques suisses
Développer le dialogue
Toujours est-il que le paysage religieux se transforme en effet et que les Eglises «traditionnelles» doivent envisager sereinement les enseignements à en tirer, commente la Conférence épiscopale.
Un premier élément est certainement la recherche de nouvelles formes d’accompagnement pastoral, principalement dans les villes. Le nombre de personnes sans appartenance religieuse augmentant fortement, il conviendra notamment de développer les instruments d’un vrai dialogue avec elles. Par ailleurs, poursuivent les évêques, les missions catholiques linguistiques sont un instrument important de cette pastorale et leur rôle est à valoriser.
Enfin, le dialogue oecuménique avec les Eglises et communautés chrétiennes moins implantées jusqu’à présent dans notre pays (notamment les Eglises orthodoxes) revêtira certainement une importance accrue à l’avenir, conclut le Présidium de la Conférence des évêques suisses. (apic/com/sh)



