Très contesté, le paraquat pose de nombreux problèmes

Suisse: La Déclaration de Berne part en guerre contre un herbicide bâlois

Lausanne/Zurich, 1er mai 2007 (Apic) La multinationale et entreprise bâloise Syngenta ne respecterait pas les engagements pris dans le cadre du code de conduite de la FAO (Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture). Pour la Déclaration de Berne, elle «viole de manière répétée le code de conduite de la FAO», écrit l’ONG dans un communiqué daté du 1er mai.

Une fois encore, la commercialisation et la vente du très contesté pesticide paraquat pose problème. Les organisations exigent que la multinationale suisse retire son herbicide.

Diverses organisations d’Asie, d’Amérique latine et d’Europe ont déposé des plaintes contre Syngenta auprès de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO

La vente de paraquat (commercialisé sous le nom de marque Gramoxone®) correspond-elle au code de conduite de la FAO? En Allemagne, parmi plus de 10 herbicides de Syngenta, le paraquat est celui qui demande les plus hautes précautions lors de son usage (tablier en caoutchouc, semi-masque avec filtre à particules, lunettes de protection etc.).

Un groupe d’organisations non gouvernementales* a mené une enquête au Pakistan, en Chine et en Indonésie . Selon la FAO, les pesticides dont l’application exige d»es vêtements de protection inconfortables, chers ou difficiles à se procurer», doivent être évités. Cette disposition vise en particulier à protéger les petits paysans des pays tropicaux. Le paraquat appartient assurément à cette catégorie de pesticides.

Dans nombre de pays européens, l’utilisation du paraquat est interdite ou limitée, ou des dispositions spéciales en règlent l’application.

Equipement de protection difficile à trouver et cher

L’enquête réalisée dans les pays asiatiques a montré que de nombreux vendeurs de pesticides non seulement ne proposent pas d’équipement de protection, mais sont incapables d’indiquer où s’en procurer (plus de 70% des commerçants en Chine et au Pakistan). En conséquence, la vente de paraquat viole clairement le code de conduite et doit être stoppée. Le risque d’intoxication auxquels les utilisateurs sont soumis sous ces conditions est trop élevé.

Passant outre ces préoccupations, Syngenta entend se débarrasser du problème à grand renfort de campagnes publicitaires. L’automne passé au Costa Rica, un concours destiné aux acheteurs de Gramoxone® offrait de gagner près de 1’000 $ US d’«intrants». De plus, Syngenta contrevient ici à l’article 11.2.18 du code de la FAO qui interdit d’encourager l’achat et la consommation de pesticides par le biais d’incitations ou de cadeaux inadéquats.

Le paraquat doit être retiré du marché car son utilisation ne correspond pas aux normes de sécurité pourtant indispensables (tout en particulier dans les pays en développement) et menace la sécurité des utilisateurs. Si les Etats n’ont pas les moyens de mettre en oeuvre cette mesure, ce sont aux entreprises elles-mêmes d’assumer leur responsabilité, comme l’exige d’ailleurs le code de conduite de la FAO). http://www.paraquat.ch. (apic/com/vb)

1 mai 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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