Le parti socialiste gêné aux entournures

Suisse: La Jeunesse socialiste (JS) appuie les sorties de l’Eglise

Berne, 1er avril 2009 (Apic) Depuis quelques jours, sur son site internet www.jss.ch, la Jeunesse socialiste suisse (JS) invite les catholiques à sortir de cette «association meurtrière qu’est devenue l’Eglise catholique». Elle prend pour arguments les nouveaux propos du pape «totalement inacceptables» par rapport à l’usage des préservatifs, lors de son dernier voyage en Afrique, et la levée de l’excommunication de l’évêque intégriste négationniste Williamson.

Interrogé mercredi par l’agence Apic, Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse (PSS), relève en préambule que le PSS n’a rien à voir avec cette prise de position, car la JS est indépendante du Parti et assume seule ses prises de position. Il s’est cependant dit surpris de voir ce communiqué de presse de la JS, et considère qu’il y a là «une erreur de formulation». Mais pour lui, c’est plus une réaction épidermique qu’une prise de position idéologique, «une manifestation de colère largement partagée dans les milieux catholiques progressistes».

Manifestation de colère partagée dans les milieux catholiques progressistes

Pour le président du PSS, le fait que le pape Benoît XVI ait fait ces critiques en Afrique, là où le sida fait des ravages, s’ajoutant à la «réintégration» des évêques intégristes, suscite de fortes résistances également dans les milieux catholiques. Lui-même catholique, Christian Levrat n’y voit pas une attaque contre les catholiques en tant que tels, mais contre ces positions qu’il considère légitime de pouvoir critiquer. Il estime quant à lui qu’il vaut la peine de changer l’Eglise de l’intérieur. Pour lui, les derniers événements, «qu’on aurait tort de sous-estimer», vont laisser des traces dans le milieu catholique et au-delà.

Même son de cloche du côté de Jean-Yves Gentil, porte-parole adjoint du PSS: si on peut être d’accord avec les critiques de fond, «nous ne partageons ni le ton ni la méthode, mais la JS est indépendante… C’est le risque, à nous d’essuyer les plâtres!» Pour J.-Y. Gentil, la question religieuse et l’appartenance ou non à une Eglise relèvent de la sphère privée. Le PSS à ses yeux doit se concentrer avant tout sur les effets de la crise économique et ne pas se perdre dans de telles polémiques.

Dans la lettre de sortie d’Eglise mise en ligne par la JS, les arguments avancés concernent d’abord la manière dont l’Eglise a traité l’évêque Williamson, qui «a fait déborder le vase». «Le fait que l’Eglise catholique accueille en son sein un négationniste est inacceptable et met en danger la paix entre les religions», écrit la JS.

Prise de position «totalement irresponsable»

Elle qualifie ensuite de «totalement irresponsable» la position de l’Eglise par rapport aux contraceptifs, notamment en Afrique. Alors que des millions d’êtres humains meurent du sida en Afrique, peut-on lire dans la proposition de lettre de sortie d’Eglise, «l’Eglise catholique interdit à ses fidèles l’usage de préservatifs. Une nouvelle fois, le pape a déclaré que les préservatifs étaient le mauvais moyen dans la lutte contre le sida, ce qui réduit à néant le travail des oeuvres caritatives de plusieurs années. Avec cette attitude, l’Eglise catholique est directement responsable de la mort de tous ces êtres humains».

Afin de faciliter la démarche de sortie d’Eglise, la JS met à disposition «de tous ceux et celles qui partagent son opinion et ne veulent plus soutenir la politique irresponsable de l’Eglise catholique un outil très simple», une lettre type qui doit être complétée uniquement par le lieu, la date et la signature avant d’être envoyée à la paroisse.

Cédric Wermuth, président de la JS Suisse, a admis que cette prise de position pouvait être mal interprétée: «on n’attaque pas les membres de l’Eglise, mais des prises de position contestables…» Les réactions ne se sont pas fait attendre, et elles sont majoritairement négatives et critiques envers le langage «direct» utilisé dans ce cas par la JS. (apic/be)

1 avril 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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