Requête déposée dans les quinze jours, selon l’avocat

Suisse: La justice fédérale sera bientôt saisie de l’affaire Cédric Tornay

Berne, 7 mai 2004 (Apic) Les avocats de la famille de Cédric Tornay, le garde suisse retrouvé mort au Vatican en 1998, vont demander à la justice suisse de rouvrir le dossier. C’est ce qu’a déclaré l’avocat Luc Brossolet au terme de l’émission «Temps Présent» diffusée le 6 mai sur la Télévision Suisse romande. La requête sera déposée dans les quinze jours auprès de la justice fédérale.

«Nous souhaitons que la Suisse enquête sur les circonstances de la mort de Cédric Tornay puisque nous sommes persuadés qu’il ne s’est pas donné la mort» contrairement à ce que dit le Vatican, soutient l’avocat Luc Brossolet. «Nous avons décidé d’agir maintenant en raison d’un ’dialogue de sourds’ avec le Saint-Siège, qui refuse de nous donner accès au dossier», a expliqué Me Brossolet. L’émission «Temps Présent» du 6 mai a révélé en fait que la mère du jeune garde suisse a été récemment autorisée par le Vatican à consulter une partie du dossier, mais à des conditions qu’elle a jugées inacceptables: seule, sans avocat, avec un traducteur et sans possibilité de faire des copies.

L’émission de la TV romande n’a essentiellement rien apporté de nouveau à ce dossier, si ce n’est le témoignage de deux anciens gardes suisses, dont l’un a décrit l’ambiance délétère au sein de la garde pontificale à l’époque des faits. L’autre, à qui l’on prête la remise de la lettre originale de Cédric Tornay, a décrit ce dernier comme très troublé peu avant qu’il ne soit retrouvé mort. L’émission est également revenue sur des éléments non résolus (que l’Apic avait révélés dans une enquête en juillet 2002), notamment les doutes sur l’authenticité de la lettre remise à la mère de Cédric, Muguette Baudat, et sur les conclusions de l’autopsie pratiquée en Suisse, qui ne permettent pas de trancher en faveur du suicide.

Le 4 mai 1998, le garde suisse Cédric Tornay a été retrouvé mort en compagnie du commandant de la Garde, Aloïs Estermann, et de son épouse Gladys. Le drame s’est déroulé dans les appartements du commandant de la garde. Selon la thèse du Vatican, le jeune caporal valaisan se serait donné la mort après avoir fait feu contre les époux Estermann. Une thèse contestée par la mère et les avocats de cette dernière, qui ont demandé en 2002 la réouverture du dossier. Le Vatican a rejeté la requête estimant qu’il n’y avait pas de nouveaux éléments. (apic/ag/bb)

7 mai 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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