Un avis de droit donne raison à la paroisse ecclésiastique
Suisse: La paroisse de Horgen refuse d’engager le vicaire T. Rellstab nommé par Mgr Haas
Horgen, 23 juin 1997 (APIC) L’abbé Thomas Rellstab, que l’évêque diocésain Mgr Wolfgang Haas a nommé peu avant Noël vicaire dans la paroisse zurichoise de Horgen, est toujours persona non grata aux yeux des membres de la «Kirchenpflege», l’exécutif de la paroisse ecclésiastique responsable notamment des finances. Dans un avis de droit, deux juristes mandatés par les autorités paroissiales civiles ont donné tort à l’autorité ecclésiale, confortant ainsi la structure de droit ecclésiastique.
Malgré sa nomination par l’évêque diocésain de Coire, la paroisse ecclésiastique de Horgen refuse d’engager l’abbé Rellstab et de lui verser son salaire. Elle lui a entre-temps signifié l’interdiction de continuer d’utiliser les infrastructures de la paroisse d’Horgen. Thomas Rellstab est arrivé à Horgen comme auxiliaire au milieu de l’an dernier.
Dès septembre, une délégation des autorités paroissiales a demandé à Mgr Haas de mettre un terme à l’engagement du jeune prêtre dans leur paroisse, étant donné qu’il se heurtait au refus d’une majorité des fidèles. En cause: la collaboration étroite de T. Rellstab avec le curé de Horgen, Thomas Bieger. Ce dernier doit faire face à une forte opposition en raison de son activité en tant que guérisseur-exorciste. Son jeune vicaire s’appuie pour rester à son poste sur sa nomination par l’évêque de Coire, à l’égard duquel il se sent tenu à l’obéissance.
Après l’échec de la médiation devant l’office paritaire de conciliation du Synode catholique-romain du canton de Zurich, des pétitions ont demandé le départ du vicaire de Horgen. Un tiers des quelque 3’000 membres de la paroisse ayant le droit de vote ont signé une pétition contre la poursuite des activités de T. Rellstab au sein de la paroisse, tandis que quelque 450 paroissiens exprimaient au contraire leur solidarité avec le jeune prêtre.
La paroisse de droit ecclésiastique: pas un simple organe de financement de l’Eglise
La paroisse ecclésiastique dispose désormais d’une expertise juridique qui la conforte dans sa décision: malgré sa nomination par l’évêque, Mgr Haas, le vicaire Rellstab n’est pas dans un rapport de service avec la paroisse ecclésiastique catholique-romaine de Horgen; les paroisses de droit ecclésiastique ne sont pas de simples organes de financement de l’Eglise. Tel est du moins l’avis des deux experts mandatés par la «Kirchenpflege» de Horgen, le professeur Alfred K[=oe]lz, professeur ordinaire de droit à l’Université de Zurich, et son collègue Felix Hafner, de l’Université de Bâle.
«Au plus tard depuis le conflit qui agite le diocèse de Coire, à partir de 1990, il est devenu clair que les institutions de droit ecclésiastique du canton de Zurich jouissent de davantage de compétences que d’être de simples sociétés destinées à financer l’Eglise», affirment les deux juristes. Les structures ecclésiastiques «ne sont pas de purs organes d’exécution de décisions internes à l’Eglise», selon les deux professeurs de droit. En créant les communes ecclésiastiques, le législateur zurichois avait en vue une certaine démocratisation et un droit de participation du peuple de l’Eglise. Si le droit canonique était simplement traduit en droit étatique, à savoir qu’il s’agirait pour les autorités de la paroisse ecclésiastique de n’être que les simples exécutants des ordres en provenance des organes ecclésiaux, ces buts – démocratisation et participation des fidèles – ne seraient pas atteints, de l’avis des experts mandatés par la paroisse. Ces derniers estiment que dans le domaine du personnel et des finances, la paroisse ecclésiastique jouit d’une liberté de décision assez étendue. (apic/com/gs/be)



