Suisse: La Revue «Choisir» opte pour l’offensive de la paix
Action militaire américaine et «messianisme» de G. W. Bush
Genève, 9 avril 2003 (Apic) Dans son édition de mai 2003, la revue des jésuites «Choisir» , éditée à Genève, consacre plusieurs pages à la portée de l’action militaire américaine en Irak. Ce dossier décrypte le «messianisme» de George W. Bush et salue l’irruption d’une opinion contestant un ordre fondé sur la violence et le mensonge.
La mobilisation des peuples à travers le monde contre l’impérialisme américain qui a débouché sur les marches pour la paix en est une expression concrète, estime-t-on à «Choisir», la revue mensuelle des jésuites en Suisse. A en croire Pierre Emonet, éditorialiste, il s’agit là d’»une puissance avec laquelle les pouvoirs doivent désormais compter».
Pourquoi Bush, qui brandi son christianisme comme un étendard, a-t-il alors choisi contre l’Irak les armes, si contraires à l’esprit de l’Evangile? Parce que pour lui, estime la revue des pères jésuites, patriotisme et religion sont les eaux d’une seule rivière, les Américains accédant ainsi au rang de «peuple élu» pour un «rôle unique». Sous la plume d’Albert Longchamp, un exposé explique comment le messianisme du locataire de la Maison Blanche conduit de l’Ancien Testament à une réminiscence des croisades. La politique de président américain, affirme-t-il, instrumentalise la religion, défigure le message religieux chrétien dans la ligne de ce que certains sociologues définissent comme la «religion civile» américaine. «George W. Bush et ses condisciples parlent beaucoup de Dieu, et très rarement du Christ. le messianisme de Bush glisse vers un messianisme laïc, voire idolâtrique.», conclut-il.
Face à cette arrogance colonialiste, beaucoup ont décidé d’agir pour préserver leur dignité. Pour le professeur de sociologie italien Mauro Magatti, les marches pour la paix ont laissé la place centrale aux individus et à leurs points de vue, échappant au contrôle de quelque leader que ce soit. Pascal Décaillet exprime pour sa part sa satisfaction de voir les collégiens manifester dans la rue «pour inventer face au désordre libéral, un pacte républicain». (apic/com/jv)



