Suisse: La «Revue Sud» de la Communauté de travail consacre son 6e no à l’énergie

La Suisse à un tournant

Berne, 29 juin 1998 (APIC) Sous le titre «Energie: la Suisse à un tournant – Plaidoyer pour une réforme fiscale écologique dans une optique de politique de développement», La Communauté de travail Swissaid/Action de Carême/Pain pour le Prochain/Helvetas/Caritas a publié le numéro 6 de sa «Revue Sud», présentée lundi à Berne au cours d’une conférence de presse. Les œuvres suisses d’entraide y ont notamment exposé leur souhait de renouvellement de la politique énergétique suisse dans une perspective de politique de développement.

Les œuvres d’entraide se déclarent favorables à l’introduction d’une réforme fiscale écologique fondée sur le principe de la taxation de l’énergie plutôt que du travail, cela dans une optique de politique de développement. Elles font en outre connaître leur décision de soutenir les deux initiatives «solaire» et «énergie et environnement». Ces deux initiatives populaires, estiment-elles, sont une première démarche, un premier pas dans la bonne direction sur la voix d’une réforme fiscale écologique.

Pour Rosmarie Bär, coordinatrice de la politique de développement de la Communauté de travail, une réforme fiscale écologique fondée sur l’idée de la taxation de l’énergie plutôt que du travail invite à renverser la vapeur. «Les impôts que nous payons ne sont pas ceux qu’il faudrait. Dans de nombreux pays de la planète, et pas seulement en Suisse, des taxes et des impôts nuisent à l’environnement et à l’économie publiques». Une réforme fiscale écologique n’est pas une chose qui doit faire grincer des dents, assure-t-elle: «Taxer l’énergie au lieu du travail représente une chance unique pour l’environnement, l’économie, la société».

Selon elle, taxer l’énergie plutôt que le travail améliorera en effet de deux manières la situation sur le front de l’emploi: le travail de l’homme gagnera en compétitivité par rapport à l’utilisation de l’énergie; la nouvelle orientation prise en matière d’énergie créera un grand nombre d’emplois stables dans la production commerciale, l’artisanat, les bureaux d’études et de conseils, ainsi que dans le domaine du crédit. En outre, «imposer le pétrole, le gaz, le charbon et l’uranium incitera à faire preuve de modération dans la consommation des ressources». Pour Rosmarie Bär, l’heure du tournant en matière d’énergie a sonné pour la Suisse.

Deux chemins complémentaires

Comment parvenir à une politique énergétique solidaire entre le Nord et le Sud? Charles Ridoré, secrétaire romand de l’Action de Carême, voit deux chemins complémentaires: indirectement, à travers la politique énergétique mise en place par les comportements individuels. En étant raisonnable en matière de consommation d’énergie, en privilégiant les énergies renouvelables et en utilisation au mieux les ressources locales; directement par la mise en place d’une vraie coopération.

Autre chemin indiqué par Charles Ridoré, qui cite à l’appui deux exemples, en Colombie et en Haïti: la coopération bilatérale entre la Suisse et les pays du Sud. Le thème de l’énergie est inséparable d’un certain nombre d’autres thèmes, estime Ch. Ridoré, qui cite le développement durable, l’accès équitable aux ressources et aux revenus, le commerce et la dimension culturelle du développement.

Des arguments que développe le numéro 6 de la «Revue Sud», qui montre que l’énergie est un paramètre clef sur la voie du développement durable. Et qui insiste pour dire que la Suisse et les autres pays industrialisés doivent arrêter le gaspillage des ressources non-renouvables. Cette revue, affirment les auteurs, peut aussi servir d’outil de travail pour les écoles. (apic/pr)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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