La Conférence centrale catholique romaine fête ses 30 ans

Suisse: La RKZ élit pour la première fois une femme comme membre de la présidence

Zurich, 30 novembre 2001 (APIC) La Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ) a célébré à Zurich les trente ans de son existence lors de son assemblée plénière les 23 et 24 novembre. Avec l’élection de Gabriela Manetsch-Sacher comme membre de la présidence, une femme siège pour la première fois dans cet organe. Le thème principal de l’assemblée a été le financement des institutions. Les délégués ont opté pour une réduction linéaire des subsides de 3%.

Le siège à la présidence de la Conférence centrale était soumis à élection suite au retrait après neuf ans de Rolf Bossi (Glaris). Avec l’élection de Gabriela Manetsch-Sacher (Bâle-Ville), une femme occupe pour la première fois un siège au sein de cet organe. Les autres membres de la présidence ont été confirmés dans leur charge pour une nouvelle période de deux ans.

Le principal sujet traité par l’assemblée plénière, présidée par Peter Plattner, a été le cofinancement des projets pastoraux. Conjointement avec l’Action de Carême, des projets et des institutions sont soutenus chaque année pour un montant de quelque 8,2 millions de francs. La RKZ y participe pour un montant de 5,1 millions, soit 62% du total. L’argent est réparti entre 55 institutions qui vont de la direction de l’Eglise à des organisations internationales en passant par des institutions actives dans des domaines tels que la formation de base et la formation continue, l’animation pastorale, les aumôneries spécialisées et les médias, ou encore des groupement d’adultes et mouvements de jeunesse.

Vers des contrats de prestations

Pour l’année 2002, le total des demandes dépasse de beaucoup la somme mise à disposition. Une réduction linéaire de 3% de tous les subsides a dû être adoptée par la RKZ. Dans la perspective de promouvoir une gestion encore plus efficace des institutions subventionnées, la Conférence centrale travaille, de concert avec l’Action de Carême et la direction de l’Eglise, à l’élaboration de «contrats de prestations» pour les institutions.

Au terme de la séance statutaire, l’archevêque Pier Giacomo de Nicolò, nonce apostolique en Suisse, le juge fédéral Giusep Nay et le pasteur Markus Sahli, responsable des relations intérieures à la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) se sont exprimés sur les relations entre l’Etat, les communautés religieuses et les Eglises.

Quel genre de reconnaissance des communautés religieuses l’Etat peut-il concevoir pour que celle-ci soit applicable non seulement aux confessions traditionnelles, mais encore à d’autres communautés religieuses? A partir de cette question, Giusep Nay a proposé de distinguer entre «reconnaissance simple» et «reconnaissance de droit public».

«L’Eglise est une force de soutien de l’Etat»

Markus Sahli a résumé ainsi la vision propre aux Eglises évangéliques- réformées des rapports entre l’Eglise et l’Etat: l’autorité de l’Etat dérive de l’autorité de Dieu. C’est pourquoi l’Eglise est une force de soutien de l’Etat, mais qui jauge ce dernier non seulement à la liberté qu’il lui laisse, mais encore à sa façon de lui laisser annoncer librement et publiquement l’Evangile. S’agissant de la définition des rapports entre l’Eglise et l’Etat dans la Constitution fédérale, la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse est d’avis qu’il faut prendre en compte cette préoccupation dans le cadre d’un article sur la religion.

Dans son message, l’archevêque Pier Giacomo de Nicolò a souligné «l’importance», et même le caractère «indispensable» de la Conférence centrale pour «assurer le financement des tâches de l’Eglise à l’échelon suisse». Le prélat a ajouté que «dans un système dualiste, il faut, d’un côté, maintenir et même promouvoir la proximité avec l’Eglise et concrètement avec les évêques et, de l’autre, veiller à la délimitation des compétences.

Dans sa rétrospective des trente dernières années, René Zihlmann, président de la commission centrale catholique romaine du canton de Zurich, a souligné l’importance croissante de la Conférence centrale pour assurer le cofinancement des tâches de l’Eglise à l’échelon de l’ensemble du pays ou des régions linguistiques, ainsi que l’échange d’idées entre organisations ecclésiastiques cantonales pour la résolution de problèmes communs. Par ailleurs, entre la Conférence centrale et Zurich, en tant que canton accueillant le siège de cette dernière, d’excellents rapports ont toujours été entretenus.

Adieux à l’ancien secrétaire général

Les adieux à Alois Odermatt, titulaire durant six ans de la charge d’administrateur de la Conférence centrale, ont également marqué l’assemblée. Dans son travail, il a mis à profit aussi bien sa connaissance approfondie de l’Eglise suisse et de son évolution au cours des dernières décennies que son savoir étendu dans les domaines historique, théologique et pastoral, a lancé le président Peter Plattner. Ce dernier a cité, parmi les nombreux dossiers qui ont marqué la période d’Alois Odermatt, la révision de la Constitution fédérale, l’article sur les évêchés et le cofinancement. Le vice-président Pierre Regad a souligné pour sa part le soin mis par l’ancien secrétaire général à s’exprimer systématiquement en français et en allemand au sein de la Conférence centrale, au point que le «Röstigraben» n’y existe pas, ainsi que son soutien constant aux membres de la Conférence centrale et aux délégués. (apic/com/bb)

30 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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