99 parlementaires refusent de s’engager contre la torture
Suisse: La section suisse d’Amnesty international sollicite l’aide de Berne contre la torture
Berne/Lausanne, le 24 mars 2006 (Apic) 99 parlementaires fédéraux, sur 246, dont des PDC, et la plupart des UDC, ont refusé de s’engager contre la torture, en acceptant de signer une déclaration d’Amnesty International (AI)
Aux yeux de la section suisse d’Amnesty International (AI), les parlementaires suisses à Berne s’engagent trop mollement contre la torture. AI demande à Berne de s’engager davantage. Les parlementaires sont ainsi invités à signer une déclaration publique pour appuyer quatre mesures urgentes afin de faire respecter le droit et le respect.
A la demande de la Section suisse d’AI, 147 parlementaires fédéraux ont signé une déclaration par laquelle ils affirment leur condamnation absolue de la torture et des peines ou traitements cruels ou dégradants. 147 seulement .? AI constate en effet que 99 autres élus n’ont pas jugé utile de signer cette déclaration. AI ne donne cependant aucun nom. L’organisation s’étonne toutefois que «quelques démocrates-chrétiens seulement» ont signé la déclaration.
Pour lutter contre ce phénomène, Amnesty International Suisse a sollicité l’engagement de tous les membres du Parlement fédéral en leur demandant de signer une déclaration publique en quatre points par laquelle ils affirment leur condamnation absolue de la torture, tout en soutenant quatre mesures pour améliorer la prévention: «la fermeture immédiate des lieux de détention secrets partout dans le monde; la réaffirmation publique par les autorités du caractère absolu de l’interdiction de la torture; le refus de renvoyer de force des personnes vers des Etats où elles risquent d’être torturée; la ratification rapide du protocole facultatif à la Convention des Nations Unies contre la torture». Quatre point que 99 parlementaires fédéraux ne veulent pas.
La Section suisse d’Amnesty International déplore d’ailleurs le résultat de cette action puisque seuls 147 membres de l’Assemblée fédérale sur 246 ont accepté de signer cette déclaration.
D’après l’Amnesty suisse, tous les parlementaires verts, les radicaux, les socialistes, la plupart des libéraux mais seulement quelques démocrates-chrétiens et deux démocrates du centre ont signé la déclaration et accepté que leur signature soit publiée, a précisé le communiqué de l’amnesty.
Pour AI, la justification de torture dans la lutte contre le terrorisme laisse le monde muet et indifférent. Pendant ce temps, des êtres humains sont «enlevés, maltraités, torturés et détenus» sans procédure juridique équitable pendant des années, comme à Guantánamo ou dans des centres de détention secrets au Yémen, en Jordanie, en Afghanistan et sans doute dans bien d’autres pays. (apic/com/thk)




