Pas de parti politique désigné par son nom

Suisse: Le Conseil des religions dit non à l’exploitation de la religion à des fins électoralistes

Berne, 1er décembre 2006 (Apic) Le Conseil suisse des religions dit clairement non à l’exploitation de la religion à des fins électoralistes. Dans un communiqué publié vendredi 1er décembre, il s’oppose à la manipulation de la religion et à la remise en question de la norme pénale antiracisme. Fondé à Berne le 15 mai dernier, le Conseil – en anglais le «Swiss Council of Religions/SCR» – rassemble des responsables chrétiens, juifs et musulmans de Suisse.

L’intégration de personnes issues d’autres cultures et adeptes d’autres religions est une tâche difficile pour la société, admet le SCR, dont le premier président est le pasteur Thomas Wipf, président du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de suisse (FEPS). Les membres du Conseil, réunis pour leur deuxième séance le 24 novembre dernier à Berne, ont rappelé que cette intégration doit viser à la construction d’une société empreinte d’attention et de respect mutuels.

Le SCR ne mentionne pas explicitement un parti politique, notamment l’Union démocratique du centre (UDC), qui veut simplement supprimer la norme pénale antiraciste (article 261bis) et aimerait également la dissolution de la Commission Fédérale contre le Racisme, qui depuis plus de 10 ans joue un rôle essentiel en sensibilisant la population.

Tirer profit du sentiment d’insécurité

Le Conseil se dit très préoccupé par les récentes tentatives de manipulation de la religion à des fins de tactique électorale, «qui sont une manière irréfléchie de tirer profit du sentiment d’insécurité de la population pour une propagande de parti». Le SCR appelle à un débat public sur des questions telles que la construction de minarets ou la mise en place de carrés confessionnels dans les cimetières.

«Mais une solution consistant à priver telle ou telle communauté religieuse des libertés protégées par la Constitution (par exemple par une initiative contre la construction de minarets) n’a pas sa place dans un Etat de droit», écrit le SCR. Qui estime par ailleurs «déplacées» les tentatives visant à discréditer la norme pénale antiracisme, voire à l’abolir. «Car l’injustice bafouant les droits de l’homme commence toujours par la relativisation ou la négation des victimes de violence, qu’elle soit étatique, ethnique ou religieuse».

Le Conseil des religions affirme que la norme pénale antiraciste, telle qu’elle a été adoptée en 1994 par le peuple suisse, «protège le plus précieux des biens dont le droit ait la charge : la dignité humaine». Le SCR admet que dans certains cas précis, l’application de la norme pénale antiracisme peut être problématique. Mais il est possible de trouver des solutions à ces problèmes, estime-t-il. «Loin de restreindre la liberté d’expression, cette norme pénale constitue le fondement d’un Etat de droit humain et démocratique», conclut le Conseil. Selon son mandat, il est composé de personnalités dirigeantes des Eglises et des communautés religieuses participantes «mandatées par leurs institutions ou organismes». (apic/com/scr/be)

1 décembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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