Quel prix pour l’unité et la réconciliation?

Suisse: Le Groupe d’étude judéo-chrétien contre l’antisémitisme en Suisse inquiet

Berne, 2 février 2009 (Apic) Le Groupe d’étude judéo-chrétien contre l’antisémitisme en Suisse est inquiet de la réhabilitation par Benoît XVI d’un évêque négationniste appartenant à la Fraternité Saint Pie X.

Depuis la fin de la Shoah, le Groupe d’étude travaille à une nouvelle compréhension entre juifs et chrétiens, écrit son président, le pasteur réformé Christoph Jungen. Le groupe poursuit, selon ses statuts, ses buts principaux qui sont «la promotion de la compréhension entre juifs et chrétiens dans le respect mutuel et, au vu de la gravité de l’histoire, la «lutte contre l’antisémitisme.»

«Il ne nous appartient pas de nous prononcer sur les mesures adoptées par le pape pour promouvoir l’unité et la réconciliation des différents courants au sein de l’Eglise catholique, mais nous demandons instamment à l’Eglise catholique de réfléchir au prix à payer pour une telle unité», écrit le pasteur.

Acte d’inhumanité

La négation publique de l’atroce réalité de l’Holocauste par un évêque de l’Eglise catholique n’est pas une affaire de conviction personnelle, mais un acte de mépris et d’inhumanité envers les victimes et leurs descendants.

L’acte de réhabilitation ne peut pas, selon le président, être atténué par le fait que le pape assure maintenant être tout de même solidaire avec les juifs. Ces dernières affirmations du pape semblent, en comparaison de la réhabilitation, carrément cyniques. C’est pourquoi le groupe d’étude judéo-chrétien proteste énergiquement contre la réhabilitation des négationnistes et sa légitimation par le pardon interne à l’Eglise catholique. «La réconciliation qui a pour prix le mépris des victimes ne mérite pas d’être appelée ainsi», conclut le pasteur Jungen. (apic/com/pem/js)

2 février 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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