Suisse: Le «oui» de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse aux accords bilatéraux

«L’UE a permis la réconciliation de l’Allemagne et de la France»

Berne, 16 avril 2000 (APIC) Le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) salue, dans un communiqué publié vendredi, les accords bilatéraux entre la Suisse et l’Union Européenne (UE). «Ces accords sont, du point de vue protestant et de l’éthique sociale des instruments essentiels pour garantir les droits humains fondamentaux, le bien-être à long terme et l’équilibre social, ainsi que le développement durable».

Un mois avant la votation populaire du peuple suisse sur les accords blilatéraux avec l’UE, la FEPS se détermine avec force pour ces accords en rappelant qu’elle s’est engagée depuis longtemps en faveur de l’ouverture fondamentale de la Suisse à l’Europe et pour le processus d’intégration européenne. «Cette conviction est portée par une pensée profondément chrétienne: la paix n’est pas possible sans justice ni prospérité économique. Le Conseil considère comme une réussite particulière de l’UE le fait d’avoir réconcilié l’Allemagne et la France après la Deuxième guerre mondiale et d’avoir assuré plus de 50 ans de paix à l’Europe occidentale – et avec elle à la Suisse !»

Le Conseil attend en outre de ces accords un renforcement des relations institutionnelles de la Suisse avec l’ensemble de son entourage européen qui, dans ces prochaines années, s’étendra largement en Europe de l’Est.

Conclure avec cette Union un lien sûr représente du point de vue du Conseil de la FEPS un devoir pour notre pays. La Suisse ne peut se contenter de profiter des prestations de l’UE pour la paix et le développement économique et social, elle doit aussi veiller par des engagements contractuels à la stabilité des relations européennes, afin de rendre possible la solidarité mutuelle.

De l’avis du Conseil de la FEPS les sept accords sont équilibrés, ils sont donc dans l’intérêt réciproque de tous les partenaires. En d’autres mots, ce sont des accords équitables et prometteurs, et c’est pour cette raison justement qu’ils pourront durer. Ils servent les intérêts à long terme de la Suisse tout comme les intérêts des membres de l’UE. Du point de vue du Conseil, ils ont donc une solide base éthique. Les accords ouvrent à notre jeunesse l’égalité des chances de formation et de profession en Europe. Comme tous les accords, ils représentent un ensemble de compromis. Personne ne peut s’attendre, dans un accord contractuel librement conclu, à faire valoir tous ses intérêts et en même temps à empêcher ses partenaires de demander des concessions.

«Mesures d’accompagnement permettront un changement humainement supportable»

Les accords bilatéraux recouvrent un vaste domaine, qui dépasse les questions purement économiques: économie (transports ferroviaires, routiers, et aérien), marché de l’emploi et libre circulation des personnes, formation et recherche, commandes et investissements publics, agriculture, et suppression des obstacles techniques au commerce.

Répondant par avance aux adversaires des accords bilatéraux, la FEPS estime que «là où les accords demandent de la flexibilité à nos responsables politiques, le Conseil fédéral et les Chambres fédérales ont décidé d’utiliser la liberté dont ils disposent pour les «mesures d’accompagnements» afin d’éviter adaptations et transitions par trop abruptes. Changement et évolution ne sont pas exclus de ce fait, mais ils sont ramenés à une mesure humainement supportable. (apic/com/ba)

16 avril 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!