Suisse: Le président de la Confédération helvétique interviewé par Radio Vatican
Deiss: «Actuellement de très bonnes relations avec le Vatican»
Rome, 2 juin 2004 (Apic) Le président de la Confédération helvétique a déclaré mercredi 2 juin sur les ondes de Radio Vatican que la Suisse a actuellement de «très bonnes relations avec le Vatican». A trois jours de la visite du pape Jean Paul II à Berne, Joseph Deiss confirme que la Suisse aura prochainement son propre ambassadeur au Vatican.
«Nous avons de fait actuellement de très bonnes relations avec le Vatican et pas de problèmes, a expliqué Joseph Deiss. Nous sommes représentés au Vatican par un ambassadeur en mission spéciale et le Conseil fédéral pense changer cela dans un avenir proche, en accréditant auprès du Vatican un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire. La visite du pape pourrait être l’occasion de le faire aussi publiquement».
Mais le geste diplomatique de la Confédération à quelques jours de la visite de Jean Paul II en Suisse, 20 ans après sa visite pastorale à travers le pays, ne fait pas l’unanimité. La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) s’est en effet élevée contre la décision du Conseil fédéral du 18 mai dernier, estimant qu’une telle démarche équivaut à accorder un régime de faveur à une seule religion.
Ne pas en faire une affaire religieuse
A propos des critiques émises par le FEPS, le Conseiller fédéral Joseph Deiss estime important de préciser que la question de l’ambassadeur n’est pas une affaire religieuse: il s’agit ici de la relation entre deux Etats. «J’admets que l’on aurait pu peut-être consulter les Eglises, mais je ne crois pas qu’en Suisse cela causera un problème, étant donné que nous avons résolu ces questions il n’y a pas si longtemps, avant tout en ce qui concerne les articles de la Constitution fédérale.»
La situation diplomatique asymétrique sera ainsi normalisée, car si le Vatican a une nonciature à Berne, la Suisse n’avait envoyé jusqu’à présent à Rome qu’un représentant «en mission spéciale» auprès du Vatican, et cela depuis le début des années 90 seulement. Cette tâche est assumée actuellement par l’ambassadeur de Suisse à Prague.
Ainsi la Suisse sera sur le même pied que les 172 autres Etats qui entretiennent déjà des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Le Vatican entretient également de telles relations avec l’Union Européenne et l’Ordre Souverain Militaire de Malte, ainsi que des relations spéciales avec la Fédération de Russie et l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP).
Relations diplomatiques interrompues lors de la Guerre du Sonderbund en 1847
Rappelons qu’entre Berne et le Vatican, les relations diplomatiques furent interrompues en 1847 à l’occasion de la guerre du Sonderbund – qui allait voir s’affronter l’alliance séparée des cantons catholiques contre le reste de la Confédération – et ce jusqu’en 1915.
Ce n’est qu’en 1920 que Berne allait reconnaître officiellement le Vatican comme Etat souverain, et par conséquence son ambassade à Berne, la nonciature apostolique. Pour des raisons confessionnelles, la Suisse va attendre jusqu’en 1991 pour envoyer un ambassadeur «en mission spéciale» auprès du Vatican.
Le président de la Confédération critique la lettre au pape des 41 théologiens
Le président de la Confédération a encore critiqué la lettre ouverte demandant la démission du pape pour raison d’âge, signée par 41 théologiens et assistants pastoraux provenant pour l’essentiel du diocèse de Bâle. Pour Joseph Deiss, cette action n’est en tout cas pas appropriée, notamment en ce qui concerne la période choisie. «Ce n’est pas compatible avec ce que l’on peut considérer comme de l’hospitalité». Le conseiller fédéral salue aussi le fait que le pape s’adresse cette fois-ci avant tout à la jeunesse en Suisse, contribuant ainsi à construire aussi l’avenir. (apic/rvat/be)



