Ne pas martyriser encore davantage le peuple irakien
Suisse: Le présidium de la Conférence des évêques suisses dit non à la guerre contre l’Irak
Fribourg, 5 février 2003 (APIC) La Conférence des évêques suisses (CES) a dit clairement non, mercredi 5 février, à la guerre qui se prépare contre l’Irak. Dans un communiqué de son présidium – composé de Mgr Amédée Grab, évêque de Coire, Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion – la CES rappelle que les principales victimes d’une guerre seraient les populations civiles.
Les évêques suisses demandent que l’on ne martyrise pas davantage encore le peuple irakien, qui depuis des années «souffre atrocement des conséquences de l’embargo international». «Depuis quelques jours, écrivent les évêques, dans tous les médias, il n’est plus question de l’opportunité d’une guerre contre l’Irak, mais de la date du début des hostilités. Pire encore: certains dissertent déjà sur l’après-guerre…»
Le danger que représente le dictateur irakien n’a pas été avéré
La CES se dit «alarmée par ce genre de discours» et tient à rappeler avec fermeté son opposition à une guerre dont les principales victimes seraient les populations civiles. Depuis des années, le peuple irakien, tout particulièrement les enfants, souffre atrocement des conséquences de l’embargo international contre ce pays. Ne le martyrisons pas encore davantage, alors que toutes les voies de dialogue n’ont pas été épuisées et que le danger que ferait planer le dictateur irakien n’a pas été avéré.»
La guerre est toujours le plus mauvais moyen de résoudre les conflits, même si parfois elle peut être l’ultime recours contre une folie plus grande encore, affirment les évêques suisses. «Mais sommes-nous bien sûrs que le monde se trouve confronté à pareille situation ? Les Etats-Unis ont promis pour ce jour des preuves de ce danger imminent; il conviendra de les analyser avec soin, mais nous doutons que le point de non retour – comme certains l’appellent – soit arrivé ! Il faudrait les preuves d’un danger clair et présent – au-delà de tout doute -, pour légitimer une éventuelle guerre, comme l’a expliqué à plusieurs reprises le Saint-Père.»
La CES, qui reprend les termes de nombreux évêques de par le monde, affirme que «même si l’Irak de Saddam Hussein devenait une réelle menace, la communauté internationale ne devrait pas se précipiter tête baissée dans un conflit. Il faut épargner au monde une guerre préventive; bien plus, le monde a besoin d’une vraie prévention contre la guerre ! «
Risque d’un nouveau «désordre mondial»
Il faut en outre être conscients qu’une guerre contre l’Irak «blesserait» de nombreux musulmans et produirait certainement le contraire de l’effet escompté, à savoir une forte hausse de la menace terroriste de la part de fanatiques islamistes, selon les évêques suisses. «Loin du «nouvel ordre mondial» prôné par certains, c’est un désordre mondial qui s’installerait.»
La CES appelle finalement tous les croyants en Suisse à redoubler leurs prières pour que la guerre n’éclate pas et que le bon sens triomphe. Et le communiqué des évêques de conclure: «Nous croyons en la force de la prière, capable de renverser les montagnes. Prions tous ensemble, chrétiens de toutes dénominations, avec nos frères et soeurs musulmans, pour que le bain de sang soit évité. Et gardons aussi dans nos prières les chrétiens, musulmans et juifs de Palestine et d’Israël, qui vivent une situation dramatique eux aussi. Car nulle violence ne peut être infligée au nom d’une religion, quelle qu’elle soit.» (apic/com/ces/be)




