Confirmation après le refus des Tribunaux fribourgeois
Suisse: Le Tribunal fédéral refuse un droit de réponse aux raëliens
Fribourg, 31 août 1998 (APIC) Pour la troisième fois, le Mouvement raëlien s’est vu refuser un droit de réponse qu’il demandait à la suite d’un article écrit par l’APIC, publié en août 1997 par le quotidien «La Liberté». Le Tribunal fédéral (TF) vient à son tour de le lui refuser. Après le juge de la Sarine et le Tribunal cantonal, le jugement du TF, appelé à faire jurisprudence, a rejeté deux recours de la secte contre «La Liberté».
C’est à bon droit que «La Liberté» a refusé, il y a un an, d’accorder un droit de réponse au mouvement raëlien. Confirmant les décisions du Tribunal du district de la Sarine et du Tribunal cantonal, le Tribunal fédéral a rejeté les deux recours déposés par la secte, dans la mesure où ils étaient recevables. Les considérants de cette double décision n’ont pas encore été communiqués, mais il est d’ores et déjà sûr qu’ils feront jurisprudence.
Les raëliens s’éétaient sentis attaqués par un article de l’Agence de presse internationale catholique (APIC) publié en août peu avant le conclave de la secte tenu à Salquenen, en Valais (Suisse). Dans son article, Pierre Rottet, de l’APIC, affirmait que la secte «prônait théoriquement la pédophilie et l’inceste dans ses écrits»; constatait que deux membres de la secte avaient été condamnés à Carpentras pour agression sexuelle contre une fillette de 12 ans; rappelait enfin que le Mouvement avait été jugé dangereux en France.
Dans leur réponse, les raëliens voulaient se présenter au contraire comme «condamnant formellement» ces déviations sexuelles qu’ils qualifiaient d’»abominations». Ils ajoutaient qu’un seul des condamnés de Carpentras était membre de la secte. Mais oubliait pudiquement de préciser que les faits s’étaient déroulés au domicile de la mère de la victime, elle-même raëlienne.
La secte estimait enfin que le fait d’avoir été qualifié de dangereuse dans un rapport parlementaire français sur les sectes ne permetait pas de dire que le mouvement raëlien avait été «jugé dangereux».
Pour prouver leurs dires, les avocats des raëliens avaient versé au dossier nombre de documents et de livres écrits par Claude Vorilhon, l’ancien journaliste sportif fondateur de la secte. Les avocats avaient en outre fait venir plusieurs personnes à la barre des témoins.
Dans ses plaidoiries, l’avocat de «La Liberté», Pierre Perritaz, a mis dans les mains des juges une impressionnante collection de la revue «Apocalypse», qui constitue en quelque sorte le bulletin de référence des raëliens, et à partir desquels l’auteur de l’article s’est en partie appuyé et documenté pour étayer son article et ses affirmations. Surtout, Pierre Perritaz a su démonter le mécanisme de la secte, et mis en évidence les nombreuses citations contenues dans «Apocalypse», incitant sans ambiguïté aux relations sexuelles entre adultes et enfants.
Quant aux défenseurs des raëliens, ils ont été bien incapables de produire une seule déclaration condamnant l’inceste ou la pédophilie, ou les présentant comme autre chose qu’un moyen d’»éveiller» précocement les jeunes afin d’en faire les «génies» qui devraient gouverner le monde. C’est-à-dire un des piliers essentiels de la secte.
C’est cette raison qui a poussé les juges fribourgeois à déclarer «manifestement inexacte» la réponse par laquelle les raëliens tentaient après coup de se poser en défenseurs de la conception traditionnelle de la famille et de la sexualité qui a cours en Suisse, et à rejeter leur demande. Cette décision vient en dernière instance d’être confirmée par la deuxième Cour civile du TF dans un arrêt dont seul le dispositif est connu. L’APIC reviendra sur ce jugement sitôt que les considérants de l’arrêt seront publiés. (apic/ar/pr)




