Le dimanche ne doit pas devenir un jour comme les autres
Suisse: Les commissions de la Conférence des évêques suisses contre le travail dominical
Fribourg, 17 novembre 2005 (Apic) Les commissions de la Conférence des évêques suisses (CES) sont opposées à la révision de la Loi sur le travail. Elles recommandent de voter «non» en vue de la votation du 27 novembre prochain sur l’initiative parlementaire «Heures d’ouverture des commerces dans les centres de transports publics». Elles le font «dans l’intérêt des familles», selon un communiqué de la CES daté du 17 novembre.
La CES rappelle que «dans son jugement du 22 mars 2002, le tribunal fédéral a fixé les modalités par lesquelles le personnel des transports publics peut travailler le dimanche». A cause de cette décision, rappelle le communiqué de la CES daté du 17 novembre, les citoyens devront se prononcer le 27 novembre sur une révision de la Loi sur le travail autorisant les centres commerciaux dans les gares et les aéroports à être ouverts le dimanche.
L’autorisation actuelle, note le communiqué de la CES, «permet déjà une ouverture mesurée des centres commerciaux dans les gares, les aéroports et dans les stations services. Celle-ci protège les intérêts des travailleurs. Le dimanche ne doit pas devenir un jour de la semaine».
La vente du dimanche sert en premier aux grands distributeurs
La proposition de loi veut éliminer toutes les restrictions pour la vente de marchandises, estime la CES. Pour elle, il est cependant peu probable que les clients aillent faire le dimanche des achats importants comme des ordinateurs, des réfrigérateurs, etc. «Il est certain cependant que l’argent dépensé le dimanche ne peut pas être utilisé une deuxième fois pendant la semaine. En conséquence, la vente du dimanche sert en premier aux grands distributeurs et l’économie n’en sera pas plus vivante», affirme la CES.
L’ouverture générale dominicale des centres va toucher en premier les travailleurs peu payés, estiment les Commissions de la CES signataires du communiqué – à savoir «Justitia et Pax», «Couple et Famille» et «Femmes dans l’Eglise» – «car le supplément de salaire du dimanche sera facultatif et donc ne sera pas probablement versé».
D’un autre côté, relèvent-elles, ce n’est pas réaliste que des centres proches des gares ne puissent pas ouvrir leurs portes. «Après quelques temps, ces magasins chercheront aussi à avoir les mêmes droits que ceux dans les gares. Le résultat sera que le dimanche deviendra un jour de la semaine», concluent-elles.
Les Eglises «pour la protection du dimanche»
La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et la Conférence des évêques suisses (CES), soutenues par les membres de la Communauté de travail des églises chrétiennes en Suisse (CTEC-CH), se sont engagées pour «la protection du dimanche». Dans un document commun «Protégeons notre dimanche, resserrons les liens de notre communauté – Une contribution oecuménique des églises à propos de la révision de la loi sur le travail», la FEPS et la CES ont donné le 4 octobre leur opinion en vue de la votation du 27 novembre 2005 sur l’initiative parlementaire «Heures d’ouverture des commerces dans les centres de transports publics».
Elles ont présenté à un large public leur brochure, qui en est déjà à sa troisième édition. Aux yeux de la FEPS et de la CES, ce texte commun dépasse la simple prise de position à propos de la révision de la Loi sur le travail, demandée par l’initiative parlementaire. Il constitue bien davantage, une nouvelle étape concrète dans l’application de la «Charta OEcumenica». La FEPS et la CES rappellent qu’elles n’ont cessé de s’exprimer, dès les années 1980, sur la valeur du dimanche. (apic/ces/vb)




