1.1.1.1 Rejet implicite de l’initiative anti-asile de l’UDC

Suisse: Les évêques suisses défendent le droit légitime des persécutés à chercher refuge

Fribourg, 5 novembre 2002 (APIC) Les évêques suisses défendent le droit légitime des persécutés à chercher refuge en Suisse. Dans une prise de position signée par son présidium, la Conférence des évêques suisses (CES) demande implicitement le rejet par le peuple suisse le 24 novembre prochain de l’initiative de l’Union démocratique du centre (UDC).

Sans donner de consignes de vote, les évêques suisses demandent aux citoyennes et citoyens suisses «de réfléchir en conscience» aux conséquences de leur choix lors de la prochaine votation. Intitulée «contre les abus dans le droit d’asile», l’initiative de l’UDC aboutirait quasiment au refus de toutes les demandes d’asile en Suisse.

Si elle était acceptée, cette disposition constitutionnelle qualifiée d’»inhumaine» par les oeuvres d’entraide signifierait la fin de la tradition humanitaire de la Suisse, affirment en choeur les partis gouvernementaux (sauf l’UDC), de nombreuses oeuvres d’entraide confessionnelles et neutres et la plupart des institutions catholiques et protestantes du pays.

Fin de la tradition humanitaire de la Suisse

A la veille de la votation du 24 novembre prochain, la CES veut rappeler avec force son soutien à une politique solidaire envers les étrangers et les réfugiés. Les évêques suisses tiennent à ce que les décisions concrètes concernant l’octroi de l’asile ou le renvoi correspondent à la substance humanitaire de la loi et que les droits de l’homme et le principe de la proportionnalité soient respectés. Ils continueront à s’engager auprès des autorités en faveur des réfugiés pour obtenir des solutions humaines, comme ils l’ont fait à plusieurs reprises dans des mémorandums avec les Eglises nationales partenaires du dialogue oecuménique. (*)

Comme les Eglises l’ont indiqué il y a un an à l’issue de la Consultation oecuménique sur l’avenir économique et social de la Suisse, le droit à trouver refuge doit continuer de guider la politique d’asile de la Suisse, écrit la CES.

Les évêques suisses disent bien comprendre qu’il faille adopter des mesures pour limiter les abus, mais ils se déclarent opposés à toute mesure qui empêche dans les faits à des personnes demandant légitimement la protection de notre pays d’accéder à la procédure d’asile. «Nous restons préoccupés, poursuivent-ils, face à toute mesure ou proposition visant à renvoyer des demandeurs d’asile sans que ceux-ci aient pu se faire entendre pleinement et faire recours en cas de décision légitimement contestée.»

Dans son communiqué, la CES demande par ailleurs que le renvoi de personnes n’ayant pas reçu le statut de réfugié se fasse dans le respect de leur dignité. Et d’estimer que plusieurs de ces enjeux sont sérieusement menacés dans l’initiative sur laquelle le peuple suisse sera amené à se prononcer en novembre. Les milieux d’Eglise craignent que l’initiative populiste de l’UDC fasse «un tabac» dans les cantons conservateurs de Suisse alémanique. JB

(*) Cf. «Aux côtés des réfugiés. Mémorandum des trois Eglises suisses sur les problèmes de l’asile et des réfugiés» (9 mai 1985) – «Aux côtés des réfugiés. Pour une politique d’asile humaine. Deuxième mémorandum des trois Eglises suisses sur les problèmes de l’asile et des réfugiés». (13 janvier 1987). (apic/com/be)

5 novembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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