Suisse: Les évêques suisses disent «non» à l’initiative «Jeunesse sans drogue»

Ne pas mettre en danger l’aide à la survie

Fribourg, 21 août 1997 (APIC) La Conférence des évêques suisses (CES) recommande au peuple de rejeter l’initiative «Jeunesse sans drogue» soumise au vote le 28 septembre prochain. Le texte de cette initiative s’en prend aux toxicomanes en rendant impossible l’aide à la survie et en compromettant sérieusement la prévention contre le sida, s’inquiètent les évêques dans une déclaration publiée jeudi.

L’éthique chrétienne définie par l’exemple de Jésus place la dignité de l’homme au centre du discours. Par conséquent la parole de Jésus s’adresse également aux drogués, si souvent marginalisés: «chaque fois que vous l’avez fait à un des ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait «, souligne la CES.

Pour les évêques, il est impossible de s’attaquer à la complexité du problème de la toxicomanie par le truchement de solutions radicales et simplistes. L’initiative «Jeunesse sans drogue» fait des promesses irréalisables. Un ’oui’ à cet texte aurait des conséquences néfastes. Il conduirait à l’abandon de la politique des quatre piliers instaurée par le Conseil fédéral , à savoir la prévention, la thérapie, l’aide à la survie et la répression. Les résultats positifs et encourageants obtenus à divers niveaux prouvent l’efficacité de cette politique, relève la déclaration épiscopale.

En outre, le titre de l’initiative comme son contenu induisent en erreur en laissant supposer que ceux qui s’engagent pour une autre politique de la drogue sont favorables à une jeunesse avec drogue.

Une politique de la drogue unilatérale, basée uniquement sur la répression ne pourra qu’échouer et aucunement résoudre cette question complexe, avertissent les évêques. Par ailleurs on ne saurait négliger l’aspect international du problème qui se traduit entre autres par le crime organisé.

Soucieux du destin des toxicomanes et de leurs familles, inquiets également des graves conséquences de l’alcoolisme, de l’abus de médicaments et du tabagisme, les évêques rappellent que l’éthique chrétienne incite et invite à réinsérer socialement les personnes marginalisées, à leur redonner une communauté de vie et à éviter à tout prix leur isolement. (apic/com/mp)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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