Déclaration contre l’anti-judaïsme chrétien
Suisse: Les femmes catholiques (SKF) demandent que l’on demande pardon aux Juifs
Lucerne, 12 janvier 98 (APIC) Avec le titre, «Sous l’arc de l’Alliance qui nous rassemble. Sortir de l’anti-judaïsme chrétien», la Ligue suisse de femmes catholiques (SKF) dénonce le grave antisémitisme vécu dans la tradition chrétienne et qui a débouché dans le passé et jusqu’à nos jours sur des ghettos, des expulsions et des massacres à l’encontre du peuple juif. Cette courte déclaration est co-signée par la Fédération suisse des femmes protestantes (FSFP), du Forum oecuménique de femmes chrétiennes d’Europe, branche suisse et du Comité suisse de la Journée mondiale de prière (JMP).
«Très tôt, des attitudes antijudaïques se firent jour dans la tradition chrétienne et dans les premiers écrits du Nouveau Testament. L’ignorance et l’arrogance accompagnées de préjugés inconscients et de présupposés théologiques, au cours de l’histoire du christianisme, préparèrent la voie à l’antisémitisme et aux exécutions de masse de notre siècle», affirme d’abord la déclaration de la SKF.
Puis dans un appel à la conversion, la déclaration reconnaît la co-responsabilité des chrétiens dans ces abominations. «Nous les nommons explicitement et demandons pardon aux Juifs et aux Juives. En signe de compassion devant le chemin de douleurs parcouru par le peuple juif, nous nous efforçons de dépasser le contenu antijudaïque de certains passages de la Bible et de la liturgie».
Cet arc d’alliance qui nous relie
En rappelant que la Bonne Nouvelle annoncée par Jésus ne saurait propager des idées antisémites, en redisant que Jésus est né et qu’il est mort juif et que son message et son agir étaient marqués par sa religiosité juive, la prise de position de la Ligue suisse de femmes catholiques se fait explicite: «Jésus n’a pas résilié l’Alliance que Dieu avait établie avec le peuple d’Israël, mais qu’il l’a «élargie» en l’étendant aux hommes et aux femmes hors de la tradition juive. Elle affirme enfin «que nous sommes tous ensemble, avec les hommes et les femmes juifs, sous cet arc d’alliance qui nous relie».
L’oubli ou le rejet de cette origine commune a eu des conséquences dramatiques pour les Juifs et ils ont à de multiples reprises, subi un sort dramatique au sein de la chrétienté.
La déclaration de la SKF ne veut certes pas nier les différences entre les deux grandes religions monothéistes: «Il n’est pas question d’évacuer les différences entre nos traditions, mais au contraire les reconnaître avec respect». Elle veut désormais favoriser le chemin. d’une relation réconciliée, car l’affirmation biblique: «Je veux être votre Dieu, vous serez mon peuple» est valable aussi bien pour les juives et les chrétiennes que pour les juifs et les chrétiens. (apic/com/ba)




