Faire passer l’aide au développement à 0,4% du PNB
Suisse: Les oeuvres d’entraide exigent des actes concrets du Conseil fédéral
Berne, 4 octobre 2000 (APIC) La Communauté de travail des oeuvres d’entraide suisses exigent du Conseil fédéral des mesures concrètes en matière de développement. Elles demandent de faire passer le budget d’aide au développement à 0,4% du produit national brut et rappelle qu’atteindre cette cote est une promesse des années 90, jamais tenue.
Dans une lettre adressée au Confédéral, la Communauté de travail des oeuvres d’entraide exige que la Suisse fasse rapidement et concrètement savoir comment elle entend faire passer l’aide au développement à 0,4% du produit national brut (PNB) d’ici 2011. Cette mesure répondrait notamment au postulat que le Conseil des Etats lui a présenté mardi dans ce sens. A l’heure actuelle, les dépenses consenties au titre de la coopération au développement font moins de 0,35% du PNB.
Mardi, le Conseil des Etats a transformé en postulat une motion exigeant que l’argent affecté à l’aide au développement compte pour 0,4% du PNB d’ici à 2011. Le Conseil national avait déjà remis sa motion en juin. «C’est un signe qui indique sans équivoque que la majorité du Parlement souhaite un accroissement de l’aide au développement», écrit la Communauté de travail, qui regroupe les organismes Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas et Caritas.
Les oeuvres rappellent que l’ONU et l’OCDE prescrivent 0,7% et que ces organisations ont à plusieurs reprises réprimandé la Suisse sur ce chapitre. «Au plan international, on apprécie la qualité élevée de la coopération au développement de notre pays, tout en la jugeant insuffisante en termes de quantité», affirme la Communauté de travail.
Une ancienne promesse jamais tenue
Dans leur lettre, les oeuvres d’entraide rappellent au Conseil fédéral qu’atteindre la cote des 0,4% est une ancienne promesse formulée pour la première fois au début des années 90. Elle n’a toutefois jamais été tenue pour des raisons de politique financière. En suivant le plan financier actuel, la promesse serait tenue en 2027, et ce dans le meilleur des cas, estime la Communauté de travail, qui ajoute à l’intention des sept sages: «Vous jouirez pour la plupart depuis longtemps déjà d’une retraite bien mérité à cette date».
Les oeuvres d’entraide soulignent encore l’exemple de l’Irlande qui, à l’heure actuelle, consacre une part un peu plus élevée que la Suisse à l’aide au développement, très précisément 0,36% de son PNB. Au Somment du Millénaire tenu au mois de septembre dernier, le Premier ministre irlandais Ahern a fait savoir que son pays augmenterait l’aide en question pour lui faire franchir le cap des 0,4% du PNB d’ici à 2002 et des 0,7% d’ici à 2007. La Communauté de travail termine sa lettre en souhaitant que «le gouvernement helvétique fasse également preuve d’une telle détermination». (apic/com/bb)



