Suisse: Les protestants zurichois laissent tomber le spectacle multimédia des Eglises
Pas d’argent pour «Perles de l’espérance»
Zurich,
(APIC) Après Berne, Zurich est la seconde Eglise réformée cantonale à dire ’non’ au projet de spectacle multimédia «Perles de l’espérance» imaginé par les Eglises chrétiennes de Suisse pour marquer le passage à l’an 2000. Anti-œcuménisme? Nouvelle expression du «Rösti-Graben» devant un projet concocté par des Romands ? Le président de l’Eglise zurichoise, Ruedi Reich, s’en défend. Pour les organisateurs de la manifestation, le manque à gagner est de 47’000 francs.
Le Conseil de l’Eglise réformée zurichoise refuse de cofinancer «Perles de l’espérance». Pour Ruedi Reich, président de l’Eglise, la période de l’Avent 1999 est mal choisie et il est préférable pour les Eglises de consacrer leur argent à des projets plus pastoraux et décentralisés.
Dès le début des discussions au sein de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes de Suisse (CTEC), l’Eglise réformée zurichoise s’est montrée sceptique et le refus du financement de 47’000 francs ne peut pas être considéré comme une surprise, écrit R. Reich dans la dernière édition de la «Reformierte Presse».
Le choix du 27 novembre 1999, premier dimanche de l’Avent, pour la présentation de ce spectacle multimédia à Fribourg est particulièrement mauvais, estime R. Reich. Dans les paroisses et les communautés, la célébration d’ouverture de l’Avent est un des points forts des fêtes de fin d’année. Il n’est à ses yeux pas logique de concurrencer par une manifestation nationale ses propres célébrations. Une fois de plus on ne tient pas compte de la réalité des communautés ecclésiales par quelque chose planifié d’en haut, estime Ruedi Reich.
Pour de nombreux protestants l’entrée dans l’an 2000 doit se faire non par des festivités, mais par des projets pastoraux concrets dans les villes et les communes. A Zurich, l’Eglise réformée, en lien avec l’Eglise catholique, prépare une série de projets pastoraux pour lesquels elle a prévu un crédit de 75’000 francs. «On ne peut donc pas parler d’anti-œcuménisme».
Quand au reproche d’être anti-romand, Ruedi Reich rappelle que l’Eglise zurichoise verse 50’000 francs par an en faveur des Eglises moins riches de Suisse romande. «Cette forme de solidarité directe est pour nous plus importante que le projet ’Perles de l’espérance’». Ce que les Eglises auraient pu faire dans les années 70 et 80, elles ne peuvent plus se le permettre aujourd’hui. «Il faut définir des priorités et renoncer à certaines choses même si elles sont bonnes.»
La FEPS continue à soutenir le projet
Outre l’Eglise zurichoise, l’Eglise réformée bernoise qui devait contribuer pour 54’000 francs au projet s’est elle aussi retirée du financement. Les Bernois argumentent sur leur participation importante à Expo 01 qui doit se tenir dans la région des trois lacs.
Malgré les défections zurichoise et bernoise, la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) reste convaincue de la valeur du projet. La réalisation de «Perles de l’espérance» est un témoignage œcuménique important à la veille du IIIe millénaire. Le Conseil de la FEPS a donc décidé d’aider à résoudre le problème du financement du spectacle. (apic/job/mp)



