Bientôt un divorce pour deux mariages
Suisse: Les Suisse se marient plus. Mais divorcent aussi davantage
Berne, 19 juin 2006 (Apic) Le nombre de mariages a légèrement augmenté en Suisse l’an passé (+1,7%). En revanche, celui des divorces a fait un bond de 18,5% par rapport à 2004. En d’autres termes, la Suisse compte maintenant pas moins d’un divorce pour deux mariages.
21’300 divorces ont été prononcés en 2005, selon les chiffres publiés lundi par l’Office fédéral de la statistique (OFS). Si la tendance persiste, une union sur deux se soldera en effet par un divorce. Statistiques encore: en 2005. 72’900 enfants sont nés dans le pays, soit 200 ou 0,2% de moins qu’en 2004.
La part des naissances hors mariage s’élève à 13,7% alors qu’elle était de 13,3% en 2004. En 15 ans, cette proportion a progressé de 7,6 points. En 2005, 40’100 couples se sont mariés, contre 39’500 un an auparavant. Cette légère hausse de 1,7% marque une interruption dans la tendance à la baisse du nombre de mariages observée depuis plus d’une décennie.
Sur ces 40’100 mariages, 26’300 unions ont été conclues entre deux célibataires alors que 13.800 (34,3%) sont des remariages pour l’un des deux partenaires au moins. On estime qu’un mariage sur deux (52,6%) conclu cette année pourrait se terminer un jour par un divorce si les comportements actuellement observés restent identiques, écrit l’OFS.
Un sujet bloqué, mais qui fait débat à Rome
Le débat autour de la question de la communion des personnes divorcées puis remariées civilement sans annulation du premier mariage est récurrent dans l’Eglise catholique. S’il est souvent douloureux pour les personnes directement concernées, il est tout aussi conflictuel dans l’Eglise. Ainsi, dans la curie romaine elle-même, les avis semblent partagés.
Le 24 octobre 2005, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, avait souhaité une éventuelle ouverture de l’Eglise en vue de l’accès à la communion des divorcés-remariés, accès aujourd’hui refusé. Quatre jours plus tard, dans la presse italienne, le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, avait répondu à son collègue en rétorquant qu’il ne s’agissait pas d’une question ouverte.
«Tous ces propos, (.) comme si on laissait une porte ouverte vers le futur en créant des attentes d’un changement possible, ne me semblent pas acceptables», avait alors déclaré le «ministre de la famille» du Saint-Siège en réponse au cardinal Kasper. Il avait alors tenu à préciser que le Synode des évêques sur l’Eucharistie qui venait de se tenir à Rome n’avait «laissé aucun doute sur la doctrine de l’Eglise» en la matière. (apic/ag/imedia/arch/pr)



