Suisse: Lettre ouverte du «Manifeste de Lucerne» aux évêques suisses

Il réclame aide et accompagnement pour les enfants de prêtres

Lichtensteig SG, 6 février 2008 (Apic) Les enfants de prêtres n’ont souvent pas le droit de connaître qui est leur père ou ils doivent cacher son identité, et ils en souffrent gravement du point de vue psychique. C’est fort de cet argument que le «Manifeste de Lucerne» s’adresse aux évêques suisses dans une lettre ouverte publiée mercredi 6 février.

Dans sa lettre, ce groupement de catholiques critiques – il rassemble depuis octobre 2006 quelque 112 chrétiens engagés à divers niveaux dans l’Eglise – demande aux évêques suisses d’engager toute leur énergie pour venir en aide à ces enfants, pour les accompagner et leur reconnaître leurs droits.

«Nous savons que quelques prêtres catholiques sont amenés à entretenir des relations secrètes, parce que l’Eglise institutionnelle n’est pas prête à changer ses structures», peut-on lire dans la lettre du Manifeste. Qui estime qu’il est contraire aux droits humains que ces enfants de prêtres n’aient souvent pas le droit de connaître ou doivent taire l’identité de leur père.

Le «Manifeste de Lucerne» demande aux évêques suisses de s’engager en faveur de ces enfants, affirmant que les droits énoncés par la Charte des droits de l’homme de l’ONU doivent également être mis en oeuvre dans l’Eglise. Dans sa lettre, le Manifeste remercie encore l’évêque de Lausanne Genève et Fribourg, Mgr Bernard Genoud, pour avoir dit être prêt à apporter son aide aux victimes des prêtres pédophiles.

Notons que la lutte pour que l’égalité, en particulier entre hommes et femmes, devienne réalité au sein même de l’Eglise catholique est l’un des axes majeurs du «Manifeste de Lucerne». Le groupement milite pour une Eglise qui soit à la fois «fraternelle et sororale» et pour que «femmes et hommes, indépendamment de leur état civil et de leur orientation sexuelle, aient accès à toutes les fonctions ecclésiales». L’égalité des droits entre hommes et femmes est une exigence de la Déclaration des droits humains de l’ONU et de la Constitution fédérale, rappellent les signataires.

Les évêques suisses et de nombreux autres responsables catholiques estiment que les revendications du «Manifeste» relèvent avant tout de l’Eglise universelle et ne peuvent être acceptées à un niveau local. Ils ont mis en garde à cet effet contre des «tendances schismatiques». (apic/com/be)

6 février 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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